Les premières publications CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) au titre de l’exercice 2024 offrent une vision globale de la manière dont les secteurs des médias, des logiciels et services informatiques, et des télécommunications appréhendent la double matérialité, structurent leurs analyses d’impacts, risques et opportunités (IRO) et construisent leurs plans de transition.

      Nos rapports d’analyse, basés sur un panel de 62 sociétés cotées européennes, mettent en évidence des trajectoires contrastées, des maturités diverses face aux obligations de reporting extra-financier durable, et des défis communs liés à l’empreinte numérique, à la conformité aux normes européennes ESRS et aux exigences de la directive CSRD.

      Retrouvez les enseignements clés, les tendances sectorielles et les points de vigilance observés dans nos trois rapports.

      Retrouvez les enseignements clés, les tendances sectorielles et les points de vigilance observés dans nos trois rapports.

      L’essentiel

      Une directive structurante


      Les panels étudiés dans les trois secteurs confirment que la directive CSRD transforme profondément le pilotage ESG des entreprises européennes concernées par le reporting de durabilité.

      L’analyse de double matérialité, combinant matérialité d’impact et matérialité financière, constitue une exigence clé du reporting durable selon la directive CSRD et réaffirme l’importance de l’alignement entre modèle d’affaires, gouvernance, analyse des risques ESG et stratégie durable des entreprises concernées.

      Des consensus… et des angles morts


      Trois constats apparaissent dans les trois secteurs :

      • Les normes relatives au climat (E1), au personnel de l’entreprise (S1), à la conduite des affaires (G1) et aux utilisateurs finaux (S4) sont considérées comme matérielles par la majorité des entreprises.
      • Les impacts en amont et en aval de la chaîne de valeur (matières premières, eau, pollution, fabrication des équipements) demeurent insuffisamment intégrés aux analyses de matérialité, bien que les données disponibles révèlent des impacts importants pour les activités des sociétés concernées par cette obligation de reporting CSRD.
      • Les enjeux numériques (cybersécurité, IA responsable, protection des données utilisateurs, empreinte du numérique) montent en puissance mais restent partiellement intégrés dans les approches de matérialité des entreprises concernées, malgré les exigences des normes ESRS et le cadre réglementaire européen.

      Les enseignements sectoriels

      Médias, communication et divertissement


      Le panel constitué de 12 sociétés cotées montre une diversité de profils, avec un nombre de thématiques considérées comme matérielles allant de 3 à 8 en fonction du secteur d’activité et du niveau de maturité en matière de double matérialité.

      Enseignements clés :

      • Le climat (E1) est matériel pour la totalité des entreprises et 64 % des sociétés du panel présentent une trajectoire de décarbonation en 2030.
      • Les thématiques sociales dominent : celles relatives au personnel de l’entreprise (S1), aux travailleurs dans la chaîne de valeur (S2) et aux utilisateurs finaux (S4) sont systématiquement retenues, notamment autour de la vie privée et de l’accès à l’information.
      • Les enjeux sectoriels spécifiques portent sur : la cybersécurité, l’éthique journalistique, la satisfaction des parties prenantes, l’IA ou encore la propriété intellectuelle.
      • L’empreinte du numérique est significative mais rarement identifiée comme matérielle, alors que les infrastructures numériques représentent jusqu’à 35 % des émissions du scope 2.

      Ces indicateurs ne sont pas choisis au hasard. Ils doivent être alignés sur les priorités stratégiques de l’entreprise, objectivement mesurables et suffisamment robustes pour être utilisés dans le cadre d’une évaluation annuelle ou pluriannuelle. Leur intégration dans les politiques de rémunération traduit une volonté claire de lier les décisions de gestion à la performance globale, au-delà des seuls résultats financiers.

      Logiciels et services informatiques


      Notre analyse menée auprès de 30 groupes européens révèle un nombre moyen de 5 thématiques identifiées comme matérielles.

      Enseignements clés :

      • Le climat (E1) est largement considéré comme matériel, mais seules 62 % des entreprises présentent une trajectoire de décarbonation en 2030 : l’un des pourcentages les plus faibles parmi tous les secteurs analysés.
      • 58 % des entreprises identifient des thématiques spécifiques au secteur : cybersécurité, protection de la propriété intellectuelle, pratiques anticoncurrentielles, IA responsable.
      • La thématique de l’eau, pourtant liée à des enjeux environnementaux et d’impact importants, n’est pas considérée comme matérielle alors que la fabrication d’un ordinateur nécessite 1 500 litres d’eau et une puce informatique 16 litres par gramme, selon les données disponibles.
      • Le consensus autour de la matérialité de l’utilisation des ressources et de l’économie circulaire est modéré : 62 % des entreprises du panel.
      • Les effets rebond sur la consommation liés à l’efficacité énergétique sont peu abordés, malgré les alertes de l’ADEME.

      Télécommunications


      Pour les 20 entreprises du panel, les enjeux techniques et réglementaires associés aux infrastructures et équipements font de l’économie circulaire et des flux entrants et sortants des thématiques centrales.

      Enseignements clés :

      • Le climat (E1) est matériel pour la totalité des entreprises et 64 % des sociétés du panel présentent une trajectoire de décarbonation en 2030.
      • Les thématiques sociales dominent : celles relatives au personnel de l’entreprise (S1), aux travailleurs dans la chaîne de valeur (S2) et aux utilisateurs finaux (S4) sont systématiquement retenues, notamment autour de la vie privée et de l’accès à l’information.
      • Les enjeux sectoriels spécifiques portent sur : la cybersécurité, l’éthique journalistique, la satisfaction des parties prenantes, l’IA ou encore la propriété intellectuelle.
      • L’empreinte du numérique est significative mais rarement identifiée comme matérielle, alors que les infrastructures numériques représentent jusqu’à 35 % des émissions du scope 2.

      Décryptage transversal : ce que révèlent les trois secteurs

      Une maturité inégale sur les trajectoires climat


      Le secteur des télécommunications est le plus avancé (85 % des entreprises présentent une trajectoire de décarbonation en 2030), suivi des médias (64 %) et des logiciels et services informatiques (62 %).

      Mais de nombreux plans de transition manquent encore d’informations sur :

      • les moyens financiers alloués,
      • l’intégration stratégique,
      • le cadre de gouvernance.

      L'amont de la chaîne de valeur reste sous-évalué


      Dans les trois études, les sous-thématiques environnementales de l’eau, de la pollution et des flux de ressources ressortent rarement comme matériels, malgré des impacts avérés dans la fabrication des équipements électroniques.

      L’empreinte numérique progresse mais manque de visibilité


      Les data centers, réseaux et usages numériques concentrent une part croissante des émissions, mais ne sont encore que partiellement pris en compte par les entreprises.

      Les enjeux de cybersécurité et d’IA responsable s’imposent


      Les IRO spécifiques liés à l’IA, à la sécurité des données ou aux risques réputationnels apparaissent dans les trois secteurs.

      Retrouvez nos trois rapports sur les premières publications CSRD des secteurs des médias, des logiciels et services informatiques, et des télécommunications

      Nos trois rapports sous-sectoriels constituent un benchmark européen utile pour accompagner les entreprises cotées dans un exercice de reporting extra-financier encore nouveau, exigeant et structurant, en lien avec les standards ESRS.

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      Contacts :

      Mathilde Fimayer
      Mathilde Fimayer

      Associée, Audit, Référente ESG Technology, Médias & Télécommunications

      KPMG en France

      Isabelle Lhoste

      Associée Audit, Responsable Core Team ESG

      KPMG en France

      Jacques Pierre

      Associé, Responsable du secteur Technologies, Media & Télécommunications

      KPMG en France

        

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      Enseignements des tout premiers rapports de durabilité et plans de transition publiés en 2025 et perspectives sur la gestion de la durabilité par les grandes entreprises.

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      Interview de Mathieu Wallich-Petit, associé, Head of Clients & Markets, membre du comité exécutif de KPMG en France et responsable de la stratégie ESG du Cabinet.

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