Et si tout ce qu'on met en place pour «améliorer » le management ne changeait, au fond, presque rien ?
On peut rédiger une charte. Afficher des valeurs. Multiplier les formations au leadership. Et se retrouver, quelques mois plus tard, avec un management qui n'a pas bougé d'un millimètre. Ce n'est pas un paradoxe. C'est le cœur du sujet. Dans les collectivités comme dans beaucoup d'organisations publiques - et privées -, on a fini par croire qu'on pouvait « outiller » le management jusqu'à le rendre reproductible. Comme une technique stabilisée qu'il suffirait de déployer.
Sauf que le réel résiste. À dispositifs identiques, les pratiques restent profondément différentes. Parce que manager n'est pas d'abord une méthode : c'est une pratique humaine. Exercer une autorité. Arbitrer quand toutes les options sont imparfaites. Recadrer sans casser. Tenir un collectif dans la durée.
Aucune charte, aucun référentiel, aucune formation ne remplacera jamais ce discernement-là.
Notre conviction, chez KPMG Secteur Public : le vrai enjeu n'est pas de choisir entre la règle et la liberté, mais de les articuler. Trop de liberté, et l'on fabrique une « loterie managériale » où tout dépend de la personnalité du chef. Trop de règles, et l'on produit un management conforme en apparence, mais vide de substance.
Et surtout : on n'apprend pas à manager en salle. On apprend dans le réel - en observant, en se trompant, en revenant sur une décision difficile, en confrontant ses pratiques à celles de ses pairs. Former, ce n'est pas apprendre. Le vrai basculement, lui, n'a pas encore eu lieu. Il ne viendra pas de la DRH seule. Il viendra des directions générales, le jour où elles cesseront de traiter le management comme un sujet périphérique pour en faire un véritable principe d'organisation.
C'est tout le propos du dernier point de vue KPMG Secteur Public