L'essentiel

      Après une première année d’appropriation, le reporting CSRD entre dans une phase de consolidation. Cette deuxième année de publication des états de durabilité constitue une étape charnière. Elle marque à la fois :

      • une phase de consolidation dans la mise en œuvre des ESRS ;
      • une dynamique de rationalisation des dispositifs de reporting, au sens large.

      KPMG France a analysé en détail plus de 50 publications d’entreprises du CAC 40 et du Next 20. À l’aide d’une grille d’analyse de plus de 450 critères, nous avons tiré les grands enseignements de cette deuxième année de mise en œuvre des ESRS. 

      Nos observations relèvent des entreprises qui cherchent :

      • à stabiliser leurs processus, 
      • à gagner en efficacité et à renforcer la robustesse de leurs informations, dans un contexte toujours fortement marqué par les évolutions réglementaires
      • et désormais à rendre leurs états de durabilité plus lisibles, plus ciblés et plus utiles au pilotage.

      Téléchargez notre étude CSRD 2026 – Tome 1 ESRS pour comprendre les pratiques observées, vous comparer à vos pairs et identifier les prochains axes de progrès de votre reporting de durabilité.

      Enseignements clés

      • 91 % des entreprises ont mis à jour leur analyse de double matérialité
      • Le nombre moyen d’IRO matériels baisse de près de 25 %
      • Les états de durabilité comptent en moyenne 130 pages, soit une baisse de plus de 10 %
      • 85 % des entreprises présentent un plan de transition climat pour l’atténuation au changement climatique
      • 30% des EDD comportent des informations additionnelles ESG en complément des data points des ESRS

      Des analyses de double matérialité revisitées, pour des résultats rationalisés

      L’analyse de double matérialité reste le socle du reporting de durabilité. En année 2, les entreprises l’ont majoritairement mise à jour de manière ciblée, avec un effort de clarification et de rationalisation des impacts, risques et opportunités.

      Comme indiqué précédemment, le nombre d’IRO matériels a diminué de 25 % par rapport aux publications 2025. Cette baisse concerne l’ensemble des types d’IRO, à l’exception des impacts positifs, pour lesquels le recul est moins marqué.

      En moyenne, les entreprises couvrent une norme thématique matérielle de plus qu’en 2024, soit 8 au total. Regrouper, réduire et rationaliser les IRO matériels ne signifie donc pas que les enjeux de matérialité sont moins couverts — bien au contraire.

      Pour les entreprises, l’évaluation de la double matérialité devient progressivement un outil de pilotage, au service de la gestion des risques mais aussi de la transformation durable.

      CSRD - Année 2 : un récit stratégique ESG qui se renforce

      Les publications 2026 font apparaître une diminution du volume moyen des états de durabilité, avec des contenus mieux structurés. Les entreprises recourent davantage aux annexes, aux renvois et à l’incorporation par référence, afin de limiter les redondances et d’améliorer la lisibilité d’ensemble.

      Un tiers des entreprises intègre désormais un « résumé exécutif » au début de leur EDD, pour renforcer la portée stratégique des informations de durabilité. À noter toutefois que ces résumés restent encore relativement décorrélés des normes ESRS : les liens avec les résultats de la DMA et les exigences des ESRS thématiques ne sont pas toujours explicités.

      Cette évolution répond à un enjeu clé : produire un rapport état de durabilité plus accessible pour les parties prenantes, les investisseurs, les clients, les fournisseurs et les équipes internes.

      Un reporting climat qui gagne en précision et en crédibilité

      La thématique climatique reste centrale dans les publications. Les plans de transition climat permettent de structurer les informations stratégiques dans la lutte contre l’atténuation du changement.

      En matière de trajectoire, 90 % des entreprises déclarent disposer de plans de transition compatibles avec un scénario 1,5 °C, dont 41 % couvrant les trois scopes. Parmi elles, 88 % bénéficient d’une validation SBTi ; les autres étant, pour la plupart, des acteurs du secteur financier.

      Si les investissements et financements restent la dimension des plans de transition nécessitant le plus de progrès, les publications 2026 témoignent néanmoins d’avancées significatives. Les entreprises chiffrent davantage les coûts associés à leurs leviers de décarbonation et identifient plus clairement les ressources financières mobilisées. Ainsi, 69 % des EDD présentent des informations sur ces ressources financières, contre 42 % en 2024.

      Des enjeux qui sont en phase d’apprentissage

      Certaines thématiques sont encore peu matures mais émergentes ; c’est le cas des plans d'adaptation (32% des entreprises ayant identifié l’adaptation matérielle déclarent un plan de transition). En effet, en 2025, les entreprises ont surtout misé et investi pour consolider les plans de transition pour l’atténuation. Mais dans certains cas, 2025 a aussi été l’occasion d’initier, voire de consolider, les démarches d'adaptation, par l'analyse des risques climatiques et des vulnérabilités associées.

      La lisibilité peut encore être renforcée sur plusieurs sujets ESG. Deux tiers des entreprises publient une allégation net-zéro dans leur état de durabilité. Toutefois, il faut prendre ces données avec précaution : il n’y a pas toujours de définition du standard ou cadre Net-Zéro, parfois les entreprises utilisent le concept de neutralité carbone sans distinction avec Net-Zéro, les trajectoires ne sont pas toujours validées par un organisme externe, etc.

      Des simplifications des normes ESRS pour faciliter les pratiques de reporting

      Les entreprises restent nombreuses à s’engager à améliorer leur reporting de durabilité, avec environ trois quarts des EDD concernés. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de 2024 : parmi les 12 chantiers les plus fréquemment identifiés dans les bases de préparation, 10 figurent encore dans le top 12 cette année. La plupart de ces sujets devraient évoluer dans le cadre de la révision en cours des normes ESRS.

      Certains indicateurs encore complexes pour les entreprises en 2025 devraient ainsi être simplifiés au second semestre 2026. C’est notamment le cas des paiements fournisseurs, avec la suppression prévue du délai moyen, ainsi que des exigences relatives aux substances préoccupantes.

      Plus qu’une obligation de conformité, le reporting de durabilité devient progressivement un levier de pilotage, de transparence et de transformation. Pour les directions RSE, financières, audit, risques et conformité, l’enjeu est désormais de renforcer la fiabilité des données, la lisibilité des rapports et l’utilité des informations publiées.

      Tag : ESG

      Contact :

      Sarah Bagnon-Szkoda

      Associée, en charge de l’ESG au sein de la fonction technique

      KPMG en France

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