Article publié le 16 février 2026
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Chroniqueurs
Frédéric Commo
Directeur Connected Tech
KPMG en France
L’intelligence artificielle est une source majeure d’innovations. Mais derrière ses promesses technologiques se cache une réalité moins visible : son empreinte environnementale. Dans cette chronique de Radio KPMG et de son émission Eurêka dédiée à l’innovation, Julie Bellesort, associée chez KPMG Avocats et co-dirigeante de l’activité IP/IT et compliance, analyse l’impact d’un développement massif de l’IA sur l’environnement et décrypte la manière dont le droit européen appréhende ce sujet.
L'impact de l'IA sur l'environnement : un cadre juridique en construction
Pendant longtemps, la protection de la nature relevait d’une démarche volontaire des entreprises. Puis, vers le début des années 2000, un cadre juridique s’est progressivement structuré pour préserver notre planète :
- La loi française de 2017 sur le devoir de vigilance qui oblige les grandes entreprises à prévenir les atteintes graves de leurs activités sur leur environnement.
- La loi Pacte de 2019 qui a créé la qualité d'entreprise à mission et notifie explicitement la prise en compte des enjeux environnementaux dans l’intérêt social des sociétés.
- et la même année, le Pacte vert européen, qui a donné naissance à une série de réglementations comme la loi sur le climat, le règlement contre la déforestation ou la CSRD.
Plus récemment, des réglementations éloignées du droit de l’environnement mais qui s'inscrivent dans cette dynamique tel que le règlement sur l’intelligence artificielle de février 2025 (ou AI Act ou RIA) intègrent ces préoccupations écologiques. Ce règlement mentionne seize fois le terme « environnement », mais selon deux approches :
- D’une part, l’IA doit respecter l’environnement, dans sa conception ou son usage, au même titre que d'autres valeurs protégées par le droit de l'Union comme la santé, la sécurité ou la démocratie. Toutefois, cette exigence figure uniquement dans les considérants du texte et ne crée pas d’obligations juridiques contraignantes.
- D’autre part, le règlement souligne à quel point l’IA contribue activement à préserver notre environnement, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie ou des transports. Mais là encore, aucune obligation de mise en œuvre n’est prévue. Les seules exigences formelles apparaissent en cas de dommages graves, sous forme d’alertes et de mesures correctives.
🎧 À écouter aussi : Cas d’usage dans la fonction RH : attention avant de les déployer !
Une intelligence artificielle très énergivore
Les risques environnementaux de l’IA sont pourtant bien réels, notamment en matière de consommation énergétique, d’émission carbone ou d’empreinte écologique. Sa conception repose en premier lieu sur des plaquettes de silicium. Ces plaquettes sont à l'origine des GPU, ou Graphical Processus Unit, cartes graphiques très puissantes en calcul qui sont ensuite placées dans des data centers extrêmement énergivores. L’entraînement intensif des modèles d’intelligence artificielle, leur usage continu et le besoin permanent de refroidir les infrastructures numériques entraînent une consommation massive d’électricité, d’eau et de ressources énergétiques.
Vers une IA plus frugale et plus transparente
Face à ces enjeux, les fournisseurs ou éditeurs d'IA prennent des initiatives. En juillet 2025, Mistral a publié l’empreinte environnementale de son modèle de langage ouvrant la voie à un standard comparable à un "Nutri-Score" de l’IA. Les entreprises pourraient alors choisir leurs fournisseurs en fonction de leurs performances énergétiques.
Pour approfondir ces enjeux, écoutez l’intégralité de l'émission sur Radio KPMG et découvrez les autres chroniques consacrées à l’intelligence artificielle et l'innovation.
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