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      L’intelligence artificielle (IA) n’est plus un concept futuriste dans le secteur public canadien. En effet, les fonctionnaires l’utilisent déjà au quotidien, souvent de façon informelle et sans les mesures requises pour assurer la protection des données des citoyens, la confiance du public et l’intégrité institutionnelle. L’étude que KPMG Canada a réalisée à l’automne 2025 révèle un écart croissant entre l’utilisation ascendante de l’IA et la préparation descendante. Bien que moins du quart des organisations du secteur public ait officiellement adopté l’IA, près de la moitié des fonctionnaires utilisent déjà les outils d’IA à des fins professionnelles, et la moitié d’entre eux se fient aux plateformes ouvertes au public.

      Le présent rapport explique ce que cet écart signifie pour les gouvernements à l’échelle du Canada, pourquoi il est devenu urgent d’adopter l’IA de manière responsable, et comment les dirigeants du secteur public peuvent passer de l’expérimentation à une utilisation fiable, souveraine et axée sur la création de valeur à grande échelle. Reposant sur les résultats du sondage de KPMG et des cas d’application du secteur public, ce qui suit trace la voie pratique à suivre, laquelle est centrée sur la gouvernance, la souveraineté des données, les outils à fournir à l’effectif et la confiance du public.

      En angalsi: Écoutez Michael Klubal, Leader national, Infrastructure, administrations publiques et soins de santé expliquer comment l’IA devrait soutenir le jugement humain et améliorer l’expérience des citoyens, et non éroder la confiance.


      L’adoption de l’IA dans le secteur public canadien demeure inégale et fragmentée. Seules 22 % des organisations déclarent avoir mis en place des outils d’IA, tandis qu’un autre tiers mène des projets pilotes ou des tests. En même temps, près de la moitié des fonctionnaires disent utiliser l’IA dans le cadre de leur travail courant – le plus souvent pour résumer des renseignements, rédiger ou réviser des documents, faire des recherches préliminaires et générer des idées.

      Ce décalage révèle un problème plus grand : L’IA est introduite dans le milieu du travail par des employés qui cherchent à gagner en productivité au lieu d’être mise en place de manière stratégique par les institutions, avec des politiques, des contrôles et des plans d’investissement clairs à l’appui.

      Étant donné que les employés utilisent déjà des outils d’IA pour s’acquitter de leurs responsabilités professionnelles, les organismes du secteur public doivent accélérer leur mise en place de politiques officielles sur l’IA. De solides pratiques de gouvernance, de surveillance et de formation sont essentielles pour assurer l’équilibre entre l’innovation et la responsabilité.
      Michael Klubal
      Michael Klubal

      Leader national, Infrastructure, administrations publiques et soins de santé

      Sans plan bien coordonné, les gouvernements risquent de voir émerger un écosystème d’IA de l’ombre, qui expose les données sensibles, mine l’uniformité et érode la confiance.

      Les fonctionnaires perçoivent assurément le potentiel de l’IA, mais l’adhésion demeure faible. Même si près de 80 % d’entre eux déclarent que l’IA est importante pour améliorer la productivité et l’efficacité opérationnelle, ils sont peu nombreux à la considérer comme extrêmement importante. Cela suggère qu’ils sont nombreux à reconnaître la valeur théorique de l’IA, mais qu’ils ne voient pas encore son intégration tangible dans les processus.

      L’efficacité opérationnelle est devenue la principale mesure du rendement du capital; les gouvernements concentrant leurs investissements en IA dans des domaines comme la cybersécurité, les finances ou l’automatisation administrative. La plupart s’attendent à voir les retombées de leurs investissements d’ici un à trois ans – un horizon ambitieux qui sera difficile à atteindre sans régler les lacunes de base au niveau de la qualité des données, de la gouvernance et des aptitudes.

      La proposition de valeur de l’IA dans le secteur public ne consiste pas à remplacer le jugement des personnes ni à automatiser les décisions relatives aux politiques. Elle vise plutôt à libérer de la capacité, à accroître l’uniformité du service et à permettre au personnel de se concentrer sur les tâches à valeur supérieure qui bénéficient directement aux Canadiens.

      L’un des constats les plus frappants de l’étude de KPMG est la prévalence de l’anxiété ressentie à l’égard de l’IA. Près de 70 % des fonctionnaires travaillant pour des organisations ayant adopté l’IA affirment que l’inquiétude est largement répandue, que leur crainte porte sur leur sécurité d’emploi ou les problèmes d’éthique, ou encore la protection des renseignements personnels, les hypertrucages et la mésinformation.

      Les faibles taux de littéracie et de maîtrise de l’IA accentuent ces préoccupations. La majeure partie des répondants ont indiqué que le leur était faible. En outre, ils sont nombreux à signaler qu’ils ont eu peu ou pas de formation pour les aider à comprendre le fonctionnement de l’IA, ses failles et la manière d’en faire une utilisation responsable.

      Pour gérer l’anxiété liée à l’IA, les contrôles techniques ne suffisent pas. Il faut aussi une communication transparente, un leadership visible ainsi qu’un investissement soutenu dans l’éducation de l’effectif qui favorisera l’adhésion des employés plutôt que leur désengagement.

      Animated circle statistical graphic showing 90% Graphique statistique en cercle animé montrant 90% 90 %

      90 % des répondants conviennent qu’il est nécessaire d’investir dans l’éducation et la formation liées à l’IA

      Les outils d’IA modernes puisent dans les vastes quantités de données organisationnelles auxquelles ils ont accès. Sans formations, stratégies et politiques officielles sur les données, les organisations feront face à des défis et à des risques importants lors de la mise en œuvre de l’IA.
      Ven Adamov
      Ven Adamov

      Associé et leader, Analyse de données

      Peu d’enjeux interpellent aussi fortement le secteur public canadien que la souveraineté des données. Une imposante majorité des fonctionnaires croient que les données des citoyens doivent être hébergées au Canada, et nombre d’entre eux craignent que la confiance du public s’effrite si les renseignements sensibles se trouvent en territoires étrangers.

      Animated circle statistical graphic showing 93% Graphique statistique en cercle animé montrant 93% 93%

      93 % sentent le besoin de protéger les données et la propriété intellectuelle du Canada et 94 % estiment les renseignements personnels des citoyens doivent être stockés au pays.

      Animated circle statistical graphic showing 85% Graphique statistique en cercle animé montrant 85% 85%

      85 % croient que tous les paliers de gouvernement devraient collaborer pour encourager la construction de centres de données canadiens, et 91 % pensent que nous devons réfléchir sérieusement à la façon de rendre le stockage de données durable.

      Animated circle statistical graphic showing 80% Graphique statistique en cercle animé montrant 80% 80%

      80 % estiment que nous n’avons pas les professionnels en données nécessaires pour aider à façonner les politiques et à élaborer les cadres nécessaires pour protéger la vie privée et assurer une utilisation responsable des données.

      Comme les gouvernements utilisent de plus en plus l’infrastructure infonuagique et les modèles d’IA, les préoccupations concernant le contrôle, le territoire de compétence et la responsabilité grimpent dans l’échelle des priorités. Quand les données sont traitées ou stockées à l’extérieur du Canada, elles peuvent être assujetties aux lois ou aux obligations d’information de pays étrangers en plus de pouvoir entraîner des risques de sécurité que le gouvernement ne peut pas directement contrôler.

      La souveraineté numérique ne signifie pas qu’il faille écarter les fournisseurs technologiques étrangers. Elle consiste plutôt à faire des choix réfléchis, en cohérence avec les valeurs du Canada, son cadre juridique et les attentes du public. Appliquée à l’IA, cette approche se traduit notamment par l’établissement d’exigences claires concernant la résidence des données, l’application de robustes contrôles contractuels et de gouvernance des fournisseurs, un investissement dans l’infrastructure canadienne de l’IA et une communication transparente avec les citoyens sur l’utilisation et la protection des données.

      La confiance, une fois perdue, peut être difficile à regagner. La souveraineté des données n’est donc pas seulement une considération technique, mais un pilier de la légitimité publique.

      Même si les défis sont bien réels, il y a déjà des exemples concrets de la valeur que les gouvernements canadiens peuvent tirer de l’IA :

      • Prestation de services et assistants virtuels

        Plusieurs ministères fédéraux et provinciaux ont mis en place des agents conversationnels propulsés par l’IA pour répondre aux questions courantes des citoyens, ce qui réduit le volume des centres d’appels et améliore le temps de réponse tout en permettant la transmission des cas plus complexes à des agents humains.

      • Détection de la fraude et conformité

        L’IA et l’analytique avancée sont utilisées pour repérer les anomalies dans l’administration des prestations, l’observation fiscale et l’approvisionnement, ce qui aide les gouvernements à détecter plus rapidement les fraudes potentielles et à mieux affecter les ressources d’enquête.

      • Traitement des documents et gestion des dossiers

        Les outils d’apprentissage automatique appuient la classification, la rédaction et la récupération d’importants volumes de documents, surtout dans des domaines comme les demandes d’accès à l’information et les déclarations réglementaires.

      • Planification des transports et de l’infrastructure

        Les gouvernements municipaux et provinciaux utilisent des modèles fondés sur l’IA pour optimiser la circulation routière, prévoir les besoins en maintenance et prendre de meilleures décisions en matière de planification des immobilisations.

      • Sécurité du public et gestion des urgences

        Les gouvernements étudient actuellement la possibilité d’utiliser les analyses prédictives et la modélisation assistée par l’IA pour planifier les interventions d’urgence, évaluer les risques d’incendies de forêt et se préparer aux catastrophes.

      Voilà autant d’exemples qui démontrent que l’IA peut améliorer – et non remplacer – les services publics, dans la mesure où celle-ci est déployée de manière responsable et en conformité avec des objectifs de politique clairs.

      Pour passer d’une expérimentation fragmentée à une utilisation sûre et à grande échelle de l’IA, les leaders du secteur public devraient mettre l’accent sur cinq priorités :

      • Établir une gouvernance claire de l’IA

        Définir les responsabilités, les tâches de surveillance et les droits en matière de prise de décisions relatives à l’IA pour l’ensemble de l’organisation, ce qui inclut les examens éthiques et la gestion des risques.

      • Renforcer les ensembles de données de base

        Investir dans la qualité des données, communiquer clairement les stratégies en matière de données et bien définir les rôles et responsabilités pour s’assurer que les systèmes d’IA sont élaborés à partir de données fiables.

      • Intégrer la sécurité et la protection des renseignements dès la conception

        Traiter la protection des renseignements, la cybersécurité et la conformité comme des exigences de conception de base et non des considérations secondaires.

      • Outiller la main-d’œuvre

        Offrir de la documentation pratique et une formation sur l’IA pour aider les employés à comprendre à la fois le potentiel et les limites de l’IA.

      • Gagner et conserver la confiance du public

        Communiquer ouvertement avec les Canadiens sur l’utilisation qui est faite de l’IA et les moyens pris pour protéger leurs données.

      Les gouvernements ont une occasion unique de démontrer le potentiel de l’IA en faisant preuve de responsabilité, de transparence et d’intention.


      Déploiement immédiat, gestion responsable

      L’intelligence artificielle fait déjà partie intégrante du quotidien des fonctionnaires du Canada. Il n’est plus question de savoir si l’IA influencera le secteur public, mais plutôt si les gouvernements façonneront délibérément cette influence – ou s’ils la laisseront évoluer sans les mesures de protection, la confiance et la reddition de comptes auxquelles les Canadiens s’attendent.

      Le point de vue de KPMG est clair : Le plus grand risque que court le secteur public en matière d’IA n’est pas de l’adopter trop rapidement, mais de l’adopter sans une orientation clairement établie. L’adoption officieuse, les projets pilotes fragmentés et une gouvernance imprécise augmentent bien plus l’exposition qu’un programme d’IA bien conçu et déployé de manière responsable. Sans des priorités bien définies, une sélection disciplinée des cas d’application et l’intégration de mécanismes de gestion des risques, les organisations risquent de tomber dans une gouvernance réactive – c’est-à-dire qui réagit aux incidents plutôt que de déterminer les résultats.

      Les leaders du secteur public – les sous-ministres, les dirigeants principaux de l’Information et les cadres municipaux supérieurs – disposent d’une fenêtre d’action étroite. En établissant dès maintenant une gouvernance de l’IA claire, en investissant dans les bases de données et le perfectionnement de l’effectif, en faisant progresser les applications à forte valeur et en faisant de la souveraineté et de la confiance des principes de conception non négociables, les gouvernements pourront réaliser ceci :

      • Retrouver la maîtrise de l’usage de l’IA dans l’ensemble de leur organisation
      • Réduire les risques liés à la protection des renseignements, à la sécurité et à l’atteinte à la réputation
      • Permettre aux employés d’utiliser l’IA avec confiance et de manière responsable
      • Fournir des services plus rapides, plus uniformes et davantage axés sur le citoyen

      Cette transformation n’est pas que technologique; elle est aussi institutionnelle.

      L’expérience de KPMG au sein des organisations du secteur public canadien démontre que les progrès s’accélèrent quand les projets d’IA s’appuient sur des cas d’application bien réfléchis, qu’ils incluent une évaluation rigoureuse de la valeur offerte et des risques, et qu’ils sont soutenus par une feuille de route pragmatique, allant du projet pilote à l’adoption de l’IA à l’échelle de l’organisation. Une approche disciplinée permet non seulement de développer la capacité, mais aussi de bâtir la confiance.

      L’adoption responsable de l’IA peut et doit devenir une force distinctive du secteur public au Canada. En faisant les bons choix aujourd’hui, les gouvernements peuvent passer de leurs projets pilotes au déploiement de plateformes, de l’anxiété à la confiance, et de l’expérimentation à un impact sûr – et ce, au profit des Canadiens.

      Le moment d’agir, c’est maintenant.


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      Michael Klubal

      Leader national, Infrastructure, administrations publiques et soins de santé

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      Ven Adamov

      Associé et leader national, Services en gestion des risques, Analyses de données

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      KPMG Canada