L’IA n’est plus un simple sujet à la mode; elle occupe désormais une place centrale dans les logiques de fonctionnement, d’innovation et de concurrence des assureurs canadiens. Le secteur passe d’une transformation numérique générale à une ambition plus intentionnelle, qui met en place des entreprises propulsées par l’intelligence artificielle en mesure de prendre des décisions plus rapidement, d’évaluer les risques avec plus de justesse et d’offrir des expériences mieux adaptées à la clientèle.
Des indicateurs mondiaux appuient cette assertion. Selon le sondage Perspectives des chefs de la direction du secteur de l’assurance en 2025 de KPMG, 73 % des chefs de direction du secteur considèrent maintenant l’IA comme un investissement prioritaire et s’attendent ce qu’elle ait des retombées significatives d’ici un à trois ans. Cela indique que la maturité de l’IA devient rapidement un étalon de rendement mondial1. De nombreux chefs de direction planifient également de consacrer à l’IA de 10 à 20 % de leur budget en technologie, ce qui intensifie la demande pour une expertise externe et accélère les investissements des fournisseurs de services tiers, des plateformes infonuagiques et des partenaires en technologies des assurances. Ces acteurs de l’écosystème injectent des capitaux dans les outils d’automatisation, l’IA agentique et l’analytique avancée –des capacités que les assureurs peuvent exploiter plutôt que de les développer entièrement à l’interne.
Dans ce contexte, les assureurs canadiens accélèrent leur déploiement au niveau de la souscription, de l’automatisation du traitement des demandes de règlement, du renforcement des capacités de distribution et du service à la clientèle. Les dirigeants du secteur ont fait état d’un abandon décisif des projets pilotes isolés pour passer à une conception axée sur l’IA, où l’automatisation intelligente est utilisée pour organiser dès le départ les flux des travaux, les produits et les interactions avec la clientèle.
À l’avenir, l’IA prendra vraisemblablement une place encore plus centrale dans la chaîne de valeur du secteur, s’appuyant sur l’importance accrue qui sera accordée à la qualité des données, à la gouvernance du modèle et à l’utilisation responsable de cette technologie. Le défi que doivent maintenant relever les assureurs canadiens n’est plus d’adopter l’IA, mais plutôt d’élargir son application en vue d’accroître la transparence, de rehausser la confiance et d’assurer leur caractère concurrentiel à long terme dans un environnement mondial en rapide mutation.