Ruth Todd, associée directrice régionale et leader nationale, KPMG Entreprises privées, KPMG au Canada.
Dino Infanti, associé et leader national, KPMG Entreprises privées, Fiscalité, KPMG au Canada.
C’est un moment charnière pour le Canada, qui doit adopter une attitude plus ambitieuse et a besoin d’une croissance économique plus rapide et résiliente.En raison des perturbations commerciales accrues sur les marchés, nous devons délaisser la complaisance du passé et bâtir un régime fiscal concurrentiel à l’échelle mondiale. Pour ce faire, il faut être prêt à orienter les impôts des sociétés de façon à soutenir les entreprises privées et à faire du Canada l’un des meilleurs endroits au monde où investir, innover et faire croître une entreprise.
Pendant des décennies, le Canada a eu du mal à surmonter sa faible productivité en raison d’un ensemble de facteurs, notamment les niveaux relativement faibles d’investissement, d’innovation et de dépenses en recherche et développement (R-D) des entreprises. Et ce, malgré que l’on ait constaté que les incitatifs fiscaux à la R-D ont un effet positif sur la productivité, en particulier dans les secteurs les plus axés sur l’esprit d’entreprise et la R-D.
Actuellement, l’incertitude économique persistante et les menaces tarifaires américaines en constante évolution ont poussé de nombreuses entreprises à adopter une attitude plus défensive et une approche plus prudente en matière d’investissement. Cela peut influer sur la décision d’établir des activités de fabrication ou d’autres activités commerciales au Canada, aux États-Unis ou ailleurs.
Un récent sondage de KPMG mené auprès de chefs d’entreprise canadiens a confirmé que le contexte actuel rend plus difficile la planification des investissements à long terme. Près de 4 chefs d’entreprise sur 5 (77 %) ont indiqué que leur société avait reporté ou réduit ses investissements dans les projets, les technologies, la machinerie, l’équipement ou la propriété intellectuelle en raison de la guerre commerciale. Plus de la moitié (57 %) prévoient de réduire leurs dépenses en R-D et en capital au cours de la prochaine année. Fait à souligner, près des trois quarts des chefs d’entreprise estiment que les politiques fiscales canadiennes actuelles n’offrent pas des incitatifs suffisants pour favoriser les investissements.