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       Un an après que les fabricants ont averti que les tarifs américains représentaient une menace existentielle pour leurs activités, un nouveau sondage de KPMG (en anglais) révèle que quatre fabricants sur dix ont déjà déplacé leur production vers les États–Unis ou envisagent de le faire, alors qu'ils s'adaptent à une incertitude commerciale persistante et aux pressions concurrentielles croissantes.

      L'enquête menée auprès de 275 fabricants révèle que 57 % d'entre eux affirment avoir interrompu, réduit ou annulé des projets de dépenses en capital en raison de l'incertitude économique et des menaces commerciales et tarifaires, tandis que 42 % indiquent avoir réduit ou interrompu leurs dépenses en recherche et développement. Plus de la moitié (52 %) déclarent fonctionner actuellement en mode « endurance ».

      Ces conclusions interviennent dans un contexte d'intensification des discussions sur l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). « Les mesures gouvernementales visant à renforcer la compétitivité globale, le régime fiscal, le cadre réglementaire et les échanges commerciaux joueront un rôle déterminant pour savoir si les futurs investissements manufacturiers demeureront au Canada », a déclaré Mikanaia Gadia, associée et leader nationale, Marchés industriels, KPMG au Canada.

      « L'an dernier, il était question de survie. Cette année, il est plutôt question de résilience à long terme », a déclaré madame Gadia. « Les fabricants ont fait preuve d'une résilience remarquable, s'adaptant aux droits de douane et à l'incertitude afin de traverser cette période de forte volatilité. Mais les entreprises ne peuvent tenir le coup indéfiniment. Les entreprises peuvent différer leurs investissements, composer avec des coûts plus élevés et ajuster leurs activités, mais elles ne peuvent maintenir ce statu quo indéfiniment. À terme, l'incertitude finit par façonner les décisions à long terme concernant les lieux d'investissement, de production et de croissance.

      « Pour assurer la pérennité du secteur manufacturier canadien, les entreprises devront continuer d'investir dans la productivité, les technologies et la diversification des marchés, tandis que les gouvernements devront s'employer à réduire l'incertitude et à améliorer la compétitivité. La question est maintenant de savoir si le Canada peut créer les conditions nécessaires pour donner aux fabricants la confiance requise pour continuer à bâtir, à investir et à demeurer au pays. »

      Principales conclusions du sondage

      • 42 % affirment avoir déjà déménagé leur production aux États-Unis ou envisager de le faire
        • 29 % ont déplacé une partie ou la totalité de leur production
        • 13 % n'ont pas encore déplacé leur production, mais prévoient de le faire en tout ou en partie
        • 77 % des entreprises qui envisagent de déplacer leurs activités prévoient le faire d'ici deux ans
      • Plus de la moitié (52 %) des fabricants affirment fonctionner en mode « endurance »
      • 57 % ont interrompu, réduit ou annulé des projets d'investissement (dépenses en immobilisations)
        • 36 % ont réduit leurs activités
        • 12 % ont suspendu leurs projets d'investissement
        • 9 % ont annulé leurs projets d'investissement
      • 42 % ont mis sur pause ou revu à la baisse leurs investissements en R-D en raison de l'incertitude économique et des droits de douane
        • 27 % ont réduit leurs investissements en R-D
        • 15 % ont suspendu leurs investissements en R-D

      Alors que la plupart des fabricants (80 %) prévoient de conserver leur siège social au Canada, 11 % prévoient de déménager leur siège social aux États-Unis au cours des cinq prochaines années.  Selon madame Gadia, bien que ce pourcentage puisse sembler faible, le secteur manufacturier représente plus 10 % du PIB total du Canada, de sorte que la perte, même de cette taille, pourrait avoir une incidence importante sur l'économie.

      « Le plus grand risque ne réside pas dans la situation actuelle des entreprises, mais dans leurs décisions d'investissement futures », a déclaré madame Gadia. « Bon nombre de manufacturiers reportent leurs investissements au Canada et réévaluent l'endroit où seront réalisés leurs futurs investissements et où sera déployée leur capacité de production additionnelle.

      Le sondage révèle que les fabricants demeurent fortement dépendants du marché américain, 61 % d'entre eux étant d'accord pour dire que leur entreprise ne peut survivre sans y avoir accès. Quatre-vingt-six pour cent des fabricants exportent des marchandises à l'extérieur du Canada, et parmi les exportateurs, 96 % affirment que leurs produits sont conformes à l'ACEUM, ce qui signifie qu'ils ne sont pas assujettis aux droits de douane.

       « Si les droits de douane sont manifestement un facteur important, les manufacturiers canadiens prennent des décisions à long terme sur l'emplacement de leurs activités en fonction d'une analyse plus large des marchés où ils seront les mieux placés pour jouir d'un avantage concurrentiel », a déclaré Joy Nott, associée, Taxes indirectes, Douanes et commerce, KPMG au Canada.

       « Le décret présidentiel du 3 juin 2026 sur le renforcement de l'application des règles douanières ajoute un facteur de plus susceptible d'inciter les entreprises à transférer leur production aux États–Unis. En vertu de ce décret, les sociétés étrangères, y compris les entreprises canadiennes, devraient détenir un niveau minimal d'actifs corporels aux États–Unis pour importer des marchandises sous leur propre raison sociale. À défaut, les exportateurs canadiens pourraient être forcés de s'en remettre à leurs clients américains pour agir à titre d'importateur officiel, ce qui pourrait exercer des pressions sur des relations commerciales clés. »

      Selon les répondants, parmi les entreprises qui ont déménagé une partie ou la totalité de leurs activités aux États-Unis, les principales raisons sont les suivantes : éviter ou réduire les tarifs d'importation élevés et l'incertitude commerciale ambiante, réduire les coûts d'exploitation, créer un environnement fiscal plus favorable, et la capacité de mieux intégrer et d'optimiser les chaînes d'approvisionnement.

      Lorsqu'on leur a demandé ce qui encouragerait les entreprises qui prévoient de transférer une partie ou la totalité de leurs activités aux États-Unis à rester et à faire croître leur entreprise au Canada, les répondants ont mentionné ce qui suit :

      • Offrir un cadre prévisible pour le libre-échange
      • Maintenir l'allégement tarifaire et les remises pour les importations en provenance des États-Unis
      • Réduire l'impôt des sociétés
      • Améliorer le coût de la vie et l'abordabilité du logement pour les employés
      • Donner accès à de l'énergie moins chère
      • Et améliorer l'accès aux travailleurs qualifiés.
      Répondants ayant déménagé une partie ou la totalité de leurs activités aux États-Unis : Quelles sont les principales raisons pour lesquelles vous avez déplacé vos activités?
      ClassementRéponse la plus fréquente
      1
      Éviter ou réduire les droits de
      douane élevés sur les importations
      2Incertitude commerciale ambiante
      3

      Réduction des coûts d'exploitation

      4Environnement fiscal plus favorable
      5Intégration et optimisation des chaînes d'approvisionnement
      Respondents planning to move operations to the U.S.:
      What would encourage your company to remain and grow in Canada?
      ClassementRéponse la plus fréquente
      1
      Certitude entourant le libre-échange, la poursuite des mesures d'allégement tarifaire et des remises de droits visant les importations en provenance des États-Unis
      2Réduction de l'impôt des sociétés
      3Amélioration du coût de la vie et de l'abordabilité du logement pour nos employés
      4Accès à une énergie moins chère
      5Meilleur accès à une main-d'œuvre qualifiée

      Source : Sondage de KPMG sur le secteur manufacturier au Canada



      Ces résultats sont publiés alors que le Canada poursuit son objectif de diversifier ses échanges commerciaux et de doubler ses exportations vers les marchés autres que les États-Unis d'ici 2035. Bien que les fabricants appuient cet objectif, le sondage suggère que pour l'atteindre, il faudra améliorer la compétitivité du Canada tout en préservant un accès fiable au marché américain.

      Le sondage suggère que les fabricants n'abandonnent pas le Canada, mais bon nombre d'entre eux sont de plus en plus prudents lorsqu'il s'agit d'investir au Canada.

      « Le Canada demeurera un acteur important du secteur manufacturier », a ajouté madame Gadia. « La question est de savoir à quel point cette position sera solide. Si la majorité des manufacturiers restent au Canada, plusieurs réexaminent actuellement où seront effectués leurs futurs investissements et où seront implantées leurs futures capacités de croissance et de production. Les décisions prises aujourd'hui façonneront le secteur manufacturier canadien pour les années à venir. »

      À propos du sondage sur le secteur manufacturier de KPMG au Canada

      KPMG au Canada a sondé des propriétaires d'entreprise, des dirigeants de haut niveau et des décideurs de 275 entreprises manufacturières canadiennes du 11 au 29 mai 2026, à l'aide du panel de recherche de premier plan auprès des entreprises du Groupe Angus Reid. Cinquante-deux pour cent des entreprises sondées ont un chiffre d'affaires annuel brut de 10 à 299,9 millions de dollars; 20 % ont un chiffre d'affaires annuel brut de 300 à 999,9 millions de dollars; 22 % ont un chiffre d'affaires annuel brut de 1 à 20 milliards de dollars; 6 % ont un chiffre d'affaires supérieur à 20 milliards de dollars. Cinquante-sept pour cent sont des sociétés privées; 20 % sont des filiales d'une société étrangère; 12 % sont cotées en bourse et ont leur siège social au Canada et 10 % sont des sociétés de capital-investissement. Quarante-trois pour cent ont leur siège social en Ontario, 16 % en Alberta, 10 % en Colombie-Britannique, 9 % au Québec, 13 % dans les autres régions du Canada, 5 % aux États-Unis et 4 % dans d'autres pays.