Alors que la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis perturbe l'industrie manufacturière, les fabricants canadiens sont déterminés à survivre. Selon un récent sondage de KPMG au Canada, ils affirment être prêts à soutenir le Canada dans une lutte, mais ils s'attendent à ce que les gouvernements voient grand et soient audacieux pour construire des infrastructures au Canada et ouvrir de nouveaux marchés.
« Ce n'est pas seulement une menace existentielle qui touche nos fabricants nationaux, elle touche aussi le cœur même de l'industrie manufacturière, a déclaré Tammy Brown, leader nationale, Marchés industriels, KPMG au Canada. Dans le cadre du libre-échange, les fabricants ont obtenu des gains d'efficacité opérationnelle de haute lutte que les droits de douane élimineraient, ce qui aurait une incidence sur les économies d'échelle, perturberait les chaînes d'approvisionnement hautement intégrées et augmenterait les coûts de production. Il y aurait aussi des répercussions économiques plus vastes, y compris des pertes d'emploi et une hausse de l'inflation. »
« Notre sondage montre qu'environ la moitié des fabricants du pays pourraient résister aux droits de douane pendant plus d'un an et prennent des mesures pour assurer leur survie. Ces mesures vont de la modélisation de stratégies tarifaires à la diversification des sources de revenus et des canaux de distribution, en passant par la détermination des occasions d'optimiser leurs activités. Ils sont en mode survie. Mais ce dont ils ont besoin - et ce qu'ils veulent - c'est une stratégie économique nationale audacieuse pour réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis. En effet, même si cette guerre commerciale prenait fin demain, nos fabricants seraient toujours vulnérables à l'imprévisibilité des politiques commerciales des États-Unis. Ils veulent que le Canada se concentre sur la construction d'une infrastructure Ouest-Est-Nord avec des zones industrielles préapprouvées pour faciliter la vente au Canada et l'expédition vers les marchés étrangers. »
L'industrie manufacturière est la plus vulnérable aux droits de douane. En 2024, les fabricants canadiens ont vendu la moitié de leurs produits à des clients étrangers et environ 80 % de ces exportations ont été destinées aux États-Unis, selon Statistique Canada. Dans le cadre d'un récent sondage mené par KPMG au Canada, 154 chefs d'entreprise dans l'industrie manufacturière ont été interrogés, y compris dans les secteurs de l'aérospatiale et de la défense, de l'automobile, des produits chimiques et de la transformation des aliments et des boissons.
Le sondage révèle que les fabricants nationaux veulent éliminer rapidement les barrières interprovinciales, plus des trois quarts (76 %) d'entre eux affirmant que la capacité d'élargir leur clientèle au Canada est essentielle à leur survie. Ils ne sont pas seuls : 96 % des Canadiens veulent qu'elles soient éliminées pour aider les consommateurs à acheter des produits canadiens.
« Nous savons que l'élimination des barrières commerciales interprovinciales est extrêmement complexe et difficile, mais plus de neuf fabricants sur dix dans notre sondage s'attendent à ce que les gouvernements agissent sur le plan de la libéralisation du commerce intérieur. Ils veulent aussi que des mesures soient prises immédiatement, a déclaré Mme Brown. Cela stimulera la concurrence intérieure, l'efficacité opérationnelle, l'innovation et la productivité. »