Alors que les entreprises canadiennes continuent d’adopter l’intelligence artificielle générative, de nombreux travailleurs estiment que la formation et les politiques de leur organisation à cet égard sont insuffisantes. Selon une nouvelle étude de KPMG au Canada, l’adoption de l’IA générative est passée de 46 % à 51 % en un an. Comme l’employeur s’attend à ce que les membres de son personnel intègrent l’IA dans leur travail quotidien, ceux-ci réclament une meilleure formation et l’établissement de politiques plus claires concernant l’utilisation de l’IA.
Le sondage de KPMG sur l’indice d’adoption de l’IA générative, qui en est à sa troisième édition, montre que même si le taux d’adoption continue d’augmenter chaque année, le rythme de croissance a ralenti entre 2024 et 2025. Megan Jones, associée et leader nationale, Transformation de la main-d’œuvre de KPMG au Canada, affirme que ce ralentissement pourrait s’expliquer par le fait que les organisations sont passées de l’expérimentation de l’IA à l’intégration concrète, et que de nombreux employés n’ont pas une compréhension claire de la façon dont ils doivent la mettre à profit dans leur rôle.
« Au départ, les gens utilisaient l’IA à la maison, devançant ainsi souvent leur employeur. Aujourd’hui, les entreprises rattrapent ce retard et doivent mobiliser leur personnel pour favoriser l’adoption de l’IA à plus grande échelle, explique Mme Jones. Il est essentiel que les organisations investissent dans des programmes de formation personnalisés, communiquent clairement leurs politiques en matière d’IA et offrent aux employés des occasions d’améliorer leurs compétences afin qu’ils soient en mesure d’intégrer l’IA à leurs tâches quotidiennes. Autrement, les employés pourraient se sentir dépassés ou hésitants et moins enclins à utiliser les outils d’IA, et également de se désengager globalement de la transformation numérique. »
En effet, les résultats du sondage montrent que les travailleurs reconnaissent l’importance d’améliorer leurs connaissances en IA, 83 % d’entre eux affirmant vouloir ou devoir apprendre à utiliser plus efficacement les outils d’IA générative, car près de la moitié disent craindre de perdre leur emploi s’ils ne peuvent pas suivre les progrès technologiques. Pourtant, seulement 48 % des répondants estiment que la formation offerte par leur employeur jusqu’à présent était utile ou suffisante.
Près des trois quarts semblent être confrontés à une surabondance technologique, et 36 % déclarent avoir reçu une formation, mais ne pas avoir commencé à utiliser les outils parce qu’ils sont trop occupés pour mettre en œuvre de nouveaux processus de travail. En outre, 37 % ont indiqué avoir commencé à utiliser l’IA après la formation, mais cessé de le faire parce qu’elle était trop contraignante.
« Il est encourageant de voir à quel point les employés sont impatients d’utiliser l’IA, mais il est évident qu’ils ont peur de perdre leur emploi, qu’ils sont dépassés par le rythme du changement et qu’ils se sentent mal préparés pour la suite. Si cela continue, les organisations risquent de perdre les gains de productivité que l’IA est censée leur offrir, affirme Mme Jones. Les résultats de notre sondage montrent que la plupart des travailleurs sont préoccupés par les hallucinations ou les inexactitudes dans les réponses de l’IA, près de la moitié invoquant cette raison pour ne pas utiliser les outils au travail. Des programmes réguliers de littératie en IA pourraient dissiper l’hésitation et inculquer des pratiques exemplaires, ce qui aiderait les travailleurs à se sentir plus en confiance quant à l’utilisation de l’IA. Également, les organisations devraient mettre l’accent sur le fait que l’IA est plus qu’un simple raccourci et qu’elle a la capacité d’enrichir les rôles en permettant au personnel de travailler plus intelligemment, d’obtenir des résultats de meilleure qualité et de libérer sa créativité. »