Suite à une hausse de près de 10 points de pourcentage des cyberattaques au cours de la dernière année, les chefs d'entreprise canadiens classent la cybersécurité comme la principale menace à leur croissance, révèle un récent sondage KPMG Entreprises privéesMC. Pourtant, plus de 70 % des entreprises traitent encore la cybersécurité comme une opération de routine.
Près des trois quarts (72 %) des dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) déclarent avoir subi des cyberattaques au cours de l'année écoulée, contre 63 % l'année dernière. Plus des deux tiers (67 %) déclarent avoir payé une rançon au cours des trois dernières années, contre 60 % il y a un an.
« L'augmentation rapide de la fréquence et de la complexité des cyberattaques amène les chefs d'entreprise canadiens à y voir la plus grande menace pour les objectifs de croissance de leur entreprise, a déclaré Hartaj Nijjar, associé et responsable national de la pratique de KPMG au Canada en matière de cybersécurité. Cependant, bien qu'elles comprennent que le risque est croissant et important, notre récent sondage a révélé que 71 % des entreprises n'adoptent pas une approche stratégique pour gérer leur risque et considèrent la cybersécurité comme un élément de routine dans la formation du personnel.
Le problème vient en partie du fait qu'elles ne disposent pas de l'expertise nécessaire pour mettre en œuvre des mesures de défense en matière de cybersécurité ou pour surveiller les attaques; pas moins de sept entreprises sur dix déclarent manquer de personnel qualifié. Les résultats de notre sondage montrent également qu'elles n'ont peut-être pas assimilé les principes de base, ce qui les rend vulnérables aux atteintes à la cybersécurité. La première ligne de défense est une bonne hygiène cybernétique, ce qui signifie que vos employés doivent toujours être en état d'alerte. Il ne peut s'agir d'un simple exercice de routine. »
Outre le manque de compétences, les entreprises ont également déclaré disposer de moins de ressources financières pour investir dans la cyberdéfense (69 %). Confrontées à des priorités d'investissement concurrentes, les entreprises ont tendance à reléguer la cyberdéfense au second plan, alors que le nombre et la complexité des cyberattaques ne vont cesser d'augmenter, a-t-il ajouté.
« Les entreprises ne se rendent peut-être pas compte qu'il est moins coûteux à long terme d'investir davantage dans des solutions de cybersécurité, en particulier si elles sont victimes d'une attaque par rançongiciel », a commenté M. Nijjar.
L'étude révèle que deux tiers des entreprises (66 %) admettent que leur société n'a pas de plan de lutte contre d'éventuelles attaques par rançongiciels.
« Les attaques par rançongiciels font partie des cyberattaques les plus coûteuses, a expliqué M. Nijjar. Lorsque les petites entreprises sont contraintes de payer une rançon, cela entraîne souvent des perturbations importantes et peut même conduire à la fermeture de l'entreprise en raison de la perte financière et de l'atteinte à sa réputation. Il est souvent plus rentable pour les petites et moyennes entreprises d'être proactives et d'investir dans des ressources telles que la formation à la cybersécurité pour tous les employés, des logiciels appropriés et des pratiques de surveillance des menaces pour aider à se défendre contre ces attaques. »
Les dirigeants de PME ne sont pas les seuls à s'inquiéter de la cybersécurité. Le dernier rapport Perspective des chefs de la direction canadiens de KPMG Internationall a révélé que la cybersécurité est redevenue une menace importante pour la croissance des entreprises canadiennes de plusieurs milliards de dollars au cours des trois prochaines années.