Texte initialement publié le 27 avril 2026 dans CIO.com par Glen Brookman
L’IA n’est pas un raccourci vers la transformation, et son succès dépend des assises que les dirigeants ont mis en place bien avant son adoption.
Récemment, j’ai discuté d’IA avec un groupe de dirigeants d’entreprise et de cadres en technologie. C’est le genre de rencontre à laquelle j’ai participé d’innombrables fois au cours de ma carrière, mais j’ai remarqué ce jour-là quelque chose de différent. L’énergie semblait plus intense et teintée d’un sentiment d’urgence qui n’était pas présent il y a un an. Ce qui m’a surtout frappé, c’est de constater à quel point les attentes envers l’IA sont élevées : on la veut simple, rapide et presque capable de transformer les choses comme par magie.
Les questions posées traduisaient d’ailleurs ces attentes : en combien de temps ce processus peut-il être automatisé? À quelle vitesse pouvons-nous intégrer ces capacités? Pourquoi ne pouvons-nous pas accélérer cette transformation? La curiosité qui caractérisait autrefois les conversations sur l’IA a laissé place à une dynamique de concurrence accrue.
La progression fulgurante de l’IA a fait naître l’idée que toutes les organisations devraient évoluer au même rythme.
En écoutant les questions, j’ai compris quelque chose d’important : l’écart se creuse entre les capacités instantanées qu’on attribue à l’IA et ce qui est nécessaire pour l’adopter de manière responsable. Plus la technologie évolue rapidement, plus il devient essentiel de fonder nos décisions sur du concret. Avec les années, j’ai appris que la technologie ne peut jamais se substituer à des éléments fondamentaux comme la gouvernance, l’assurance de la qualité, la sécurité et la préparation opérationnelle. Au contraire, ces éléments prennent encore plus d’importance. Si une organisation dispose de bases solides, l’IA les renforce. Si ces bases sont fragiles, l’IA met en lumière cette fragilité.
C’est pourquoi l’idée de ralentir pour mieux accélérer est devenue si cruciale. Il ne s’agit pas de résister à l’innovation, mais de préparer le terrain pour qu’elle puisse y prendre racine. Nous devons être conscients que le désir d’agir rapidement doit s’accompagner de la discipline nécessaire pour agir efficacement. Les organisations qui comprennent l’importance de cet équilibre obtiendront un avantage concurrentiel. Les autres s’exposent à une atteinte à leur réputation et risquent de subir des pertes financières et de perdre la confiance de leurs clients.