Les cybercriminels, les hacktivistes et même les États-nations ne sont pas seulement opportunistes, mais aussi stratégiques : chacune de leurs actions est calculée. Ils planifient leurs attaques pour qu’elles coïncident avec des moments de faiblesse, de forte activité ou de distraction. Voici les périodes où les cyberattaques ont tendance à monter en flèche, et pourquoi :
1. Quatrième trimestre (d’octobre à décembre) : la frénésie des Fêtes
Le quatrième trimestre de l’année représente une période de pointe pour les cybercriminels en raison de l’augmentation du magasinage, des campagnes de fin d’année des entreprises et souvent du manque de ressources des équipes des TI, dont les membres peuvent être en vacances. Les sites de vente en ligne et de commerce électronique voient leur trafic monter en flèche pendant la période du Vendredi fou, du Cyberlundi et des Fêtes, ce qui en fait des cibles attrayantes pour le clonage de cartes de crédit, la création de sites web frauduleux et l’envoi de courriels d’hameçonnage. De plus, certains cybercriminels déploient stratégiquement des rançongiciels juste avant les Fêtes, moment où les entreprises ne sont pas prêtes à y réagir rapidement. L’urgence de reprendre ses activités pendant une période de vente critique peut entraîner le paiement de rançons plus élevées.
2. Premier trimestre (de janvier à mars) : la saison des impôts
En Amérique du Nord et dans de nombreux autres pays, la saison des impôts commence au premier trimestre de l’année. Les pirates informatiques profitent de l’occasion pour voler des renseignements personnels et commettre de la fraude fiscale.
C’est le moment idéal pour l’hameçonnage et le vol d’identité : les faux courriels de l’Internal Revenue Service, les déclarations de revenus frauduleuses et les logiciels fiscaux malveillants sont courants. Les particuliers et les cabinets comptables sont particulièrement vulnérables.
3. Été (de juin à août) : accalmie pour certains, crise pour d’autres
L’été peut entraîner une baisse des cyberattaques dans certains secteurs, comme l’éducation, ainsi qu’une période où de nombreuses organisations baissent leur garde. Étant donné que certains des principaux membres de leur personnel informatique sont en vacances, les délais de réponse peuvent augmenter, et les erreurs de configuration sont plus susceptibles de passer inaperçues. Certains cybercriminels attaquent délibérément pendant cette accalmie afin de tirer parti de la surveillance réduite des organisations et de la lenteur de leur réponse aux incidents.
4. Rentrée scolaire (d’août à septembre) : le secteur de l’éducation dans le collimateur
Alors que les étudiants et les professeurs retournent dans les salles de classe, les écoles et les universités constatent une hausse des cyberattaques.
- Rançongiciels : les établissements d’enseignement, souvent sous-financés et sous-protégés, sont les principales cibles des rançongiciels. Les cybercriminels utilisent des identifiants usurpés pour accéder aux systèmes des universités, en particulier au début de l’année scolaire.
5. Cycles électoraux : piratage politique
En période électorale, les États-nations et les hacktivistes multiplient les activités visant à semer la discorde, à voler des données, ou à manipuler l’information.
- Attaques par déni de service distribué et désinformation : les sites web gouvernementaux, les campagnes politiques et les médias sont des cibles fréquentes.
- Fuites de courriels et atteintes à la protection des données : ces attaques sont souvent planifiées afin d’entraîner autant de perturbations que possible et une couverture médiatique maximale.
6. Cycles de correctifs et de mises à jour : la course contre la montre
Le déploiement mensuel de correctifs de Microsoft et d’autres mises à jour programmées similaires sont essentiels à la sécurisation des systèmes. Cependant, le délai entre l’annonce d’un correctif et sa mise en œuvre représente un moment en or pour les cybercriminels.
- Attaques du jour zéro : Les cybercriminels inversent la conception des correctifs pour exploiter les systèmes non corrigés, souvent dans les heures suivant l’annonce de la mise à jour.