L’incertitude économique, les perturbations technologiques et la concurrence acharnée poussent les acteurs du marché des moyennes entreprises à repenser non seulement leur fonctionnement, mais aussi leurs investissements pour l’avenir. La capacité de stimuler la productivité constitue désormais un facteur déterminant, tant pour les chefs de file que pour ceux qui restent à la traîne.

Pourtant, de nombreuses entreprises peuvent être limitées par les méthodes de financement traditionnelles, et donc rater des occasions d’investir dans l’automatisation, leur expansion ou des acquisitions stratégiques qui pourraient les propulser vers l’avant. Et si la clé pour stimuler la prochaine vague de croissance de votre entreprise ne consistait pas nécessairement à travailler plus fort, mais plutôt à accéder à d’autres sources de financement et à faire des choix plus éclairés?

Les capitaux d’emprunt, surtout issus de structures non traditionnelles comme les emprunts subordonnés, les prêts de premier rang allongés et le financement unitranche, ont le potentiel de redéfinir les possibilités pour les entreprises canadiennes. En plus de pouvoir combler les lacunes en matière de financement, ces autres options permettent aux entreprises de poursuivre leur croissance selon leurs propres conditions afin d’atteindre de nouveaux niveaux d’efficacité, de réaliser des économies de capitaux et d’améliorer leur agilité stratégique. Repensez votre approche en matière de capital d’emprunt et saisissez l’occasion de transformer la dette de votre entreprise en un puissant moteur de productivité et de succès à long terme.

Obstacles à l’impact

La croissance organique et inorganique peut améliorer la productivité des entreprises privées de moyenne envergure. Cependant, celles-ci sont confrontées à un défi constant : comment financer une croissance durable sans diluer la propriété, se surendetter ou exercer une pression sur les flux de trésorerie.

Contrairement à leurs homologues soutenus par des promoteurs, qui bénéficient de la puissance du capital-investissement et de relations entre prêteurs et emprunteurs bien établies, les entreprises indépendantes opèrent souvent dans un écosystème de financement marqué par des approches plus traditionnelles axées sur les créances de premier rang.

Ces solutions, qu’elles soient garanties par des flux de trésorerie ou des actifs, représentent depuis longtemps l’option de prédilection pour les entreprises privées. Généralement fournie aux entreprises par les banques avec lesquelles elles entretiennent une bonne relation, la créance de premier rang constitue un prêt échelonné intéressant et offre une structure du capital simplifiée. 

Cependant, elle comprend des limites : des ratios de levier plus prudents (davantage de capitaux investis dans des transactions qui visent la croissance), des clauses plus restrictives et des périodes d’amortissement plus courtes. Il est important que les moyennes entreprises choisissent judicieusement leur structure d’emprunt, car cela aura une incidence sur leur capacité d’investir dans des initiatives qui ont pour but d’accroître la productivité sans compromettre les objectifs généraux des actionnaires et de l’entreprise.

Par où commencer?

Les structures d’emprunt alternatives remettent en question l’approche traditionnelle en offrant des modalités plus souples et adaptées aux réalités de la croissance du marché des moyennes entreprises qui peuvent stimuler la productivité.

Emprunts subordonnés : Également appelés « créances de second rang », les emprunts subordonnés peuvent être jumelés à des créances de premier rang dans le cadre de facilités de prêts distinctes pour atteindre des objectifs de financement. Les emprunts subordonnés entraînent des frais plus élevés que les créances de premier rang, sont souvent non garantis et peuvent s’accompagner de clauses restrictives ainsi que de modalités de paiement en nature. Souvent perçus comme trop chers par rapport aux créances de premier rang, les emprunts subordonnés représentent toutefois une option moins coûteuse que le financement par actions.

Prêts de premier rang allongés : Ces prêts représentent une approche hybride qui va au-delà des limites habituelles de la créance de premier rang. Essentiellement, ces prêts « allongent » la tranche de la créance de premier rang pour y intégrer des éléments de celle de second rang, ce qui permet d’accroître l’effet de levier sans avoir à recourir à des facilités de prêt subordonnées distinctes. Cette solution est particulièrement avantageuse pour les entreprises privées qui ne bénéficient pas du soutien de promoteurs, car elle simplifie la structure du capital et réduit par le fait même la complexité liée aux créanciers et aux frais juridiques. Grâce à cette capacité d’emprunt accrue, les entreprises peuvent financer des projets d’investissement de plus grande envergure et atteindre leurs objectifs de croissance organique sans avoir à recourir à des sources de capitaux supplémentaires. 

Financement unitranche : Le financement unitranche est une solution novatrice qui fusionne la créance de premier rang et les emprunts subordonnés afin de créer une facilité unifiée assortie d’un taux d’intérêt unique et de ses propres clauses restrictives. Originaire du secteur du crédit privé, le financement unitranche gagne du terrain sur le marché canadien des moyennes entreprises, où les prêteurs directs et les fonds alternatifs comblent le vide laissé par les banques traditionnelles. Contrairement à la créance de premier rang traditionnelle, qui privilégie les profils à faible risque, le financement unitranche offre un plus grand levier ainsi que des taux combinés qui respectent la moyenne des coûts des tranches distinctes. Cela pourrait permettre une exécution plus rapide et éliminer la complexité liée aux multiples prêteurs. 

Par exemple, une entreprise canadienne de moyenne envergure avait cerné une occasion d’acquisition transformatrice, mais sa banque n’offrait que des créances de premier rang traditionnelles, ce qui nécessitait une injection importante de capitaux. Avec l’aide de KPMG Canada, elle a cherché d’autres solutions de financement et exploré les prêts de premier rang allongés, le financement unitranche ainsi qu’une solution qui combinait la créance de premier rang et les emprunts subordonnés. L’entreprise s’est finalement arrêtée sur une solution de financement qui permettait une acquisition avec moins de capitaux, une exécution plus rapide et des modalités plus souples, ce qui a accéléré la productivité et la croissance.

Questions stratégiques pour les leaders canadiens

Avant de solliciter du capital d’emprunt pour de nouvelles occasions de croissance, posez-vous les questions suivantes :

  • Quelles sont les limites de la créance de premier rang traditionnelle lorsqu’il s’agit de financer une croissance qui améliore la productivité?
  • Comment d’autres structures d’emprunt pourraient-elles combler ces lacunes?
  • En quoi la capacité d’emprunt accrue qu’offrent les structures d’emprunt alternatives pourrait-elle soutenir directement les initiatives d’amélioration de la productivité relatives à l’automatisation, à l’expansion ou à la modernisation, entre autres?
  • En quoi la souplesse et la rapidité des structures d’emprunt alternatives contribuent-elles à répondre au besoin de productivité dans un marché dynamique?
  • Comment l’optimisation de la structure d’emprunt au sein de celle de capitaux pourrait-elle amplifier les rendements du capital investi, et ainsi entraîner des acquisitions complémentaires qui pourraient autrement être hors de portée
  • Comment d’autres structures d’emprunt pourraient-elles offrir un accès plus rapide aux capitaux, des modalités de remboursement plus souples ou la capacité de financer des investissements qui améliorent la productivité?

Ce que vous pouvez faire

Les chefs de file du marché canadien des moyennes entreprises peuvent prendre les mesures suivantes pour stimuler la croissance et la productivité au moyen de structures d’emprunt alternatives :

  • Repérer les occasions de croissance organique : Si vous investissez dans votre entreprise, déterminez comment les dépenses en capital liées à l’équipement, à la technologie et aux installations pourraient améliorer la productivité. 
  • Cerner les occasions de croissance inorganique : Si vous acquérez une autre entreprise, déterminez comment celle-ci pourrait créer des synergies et améliorer la productivité.
  • Comprendre vos enjeux financiers : Renseignez-vous sur les répercussions du financement traditionnel sur vos objectifs de croissance et votre stratégie d’investissement.
  • Examiner vos options : Évaluez toutes les options de financement et de structure du capital pour en savoir plus sur les solutions alternatives qui nécessitent moins de capitaux, optimisent le coût du capital et cadrent avec les objectifs de croissance et de productivité de votre entreprise.
  • Explorer d’autres structures d’emprunt : Déterminez comment d’autres structures d’emprunt, comme les emprunts subordonnés, les prêts de premier rang allongés et le financement unitranche, pourraient vous aider à stimuler la croissance par l’amélioration de la productivité.
  • Chercher des occasions de rehausser le crédit et d’atténuer les risques : Les produits et les programmes d’Exportation et développement Canada s’adaptent au contexte actuel et peuvent aider les entreprises privées canadiennes à atteindre leurs objectifs de croissance. Ces programmes fournissent une garantie à la banque prêteuse qui partage le risque et permet à l’entreprise d’obtenir un prêt plus important que celui qui lui serait autrement offert.

En résumé

La créance de premier rang traditionnelle ne sert qu’aux entreprises privées. Quant aux emprunts subordonnés, aux prêts de premier allongés rang et au financement unitranche, ils constituent une solution intéressante pour les entreprises qui souhaitent connaître une croissance transformatrice au moyen de dépenses en capital ou d’acquisitions qui stimulent l’amélioration de la productivité. Ces dernières solutions fournissent non seulement des capitaux, mais aussi une occasion de liberté stratégique. De plus, elles contribuent à réduire au minimum la dilution, à optimiser le coût du capital et à harmoniser la vision des propriétaires. Plus que des outils financiers, les structures d’emprunt alternatives sont des catalyseurs de productivité et d’avantage concurrentiel pour les entreprises canadiennes.

Comment KPMG peut vous aider

L’équipe des Services-conseils transactionnels au Canada peut vous aider à transformer le financement par emprunt en un catalyseur de productivité. Nos services interfonctionnels aident les entreprises à composer avec les complexités des transactions, des restructurations et des stratégies transactionnelles, qu’il s’agisse de mobilisations de capitaux, de fusions et acquisitions, de désinvestissements ou de restructurations de la dette, entre autres. En travaillant avec nous, vous avez accès à notre réseau professionnel mondial composé de plus de 700 spécialistes au Canada qui apportent une connaissance approfondie du secteur à votre situation unique.

Si vous cherchez à faire croître vos activités et à augmenter votre productivité, notre approche multidisciplinaire peut vous aider à vous y retrouver dans le dédale des options sur les marchés des titres d’emprunt et des capitaux, en plus de vous guider vers la solution adaptée à vos besoins uniques.

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