Les chaînes d’approvisionnement et les coûts au cœur des préoccupations
Alors que se prépare le Salon international de l’automobile du Canada de cette semaine, 17 % des fabricants d’équipement d’origine (FEO), des fournisseurs de pièces et des autres fabricants affirment qu’ils se seront « complètement transformés » d’ici trois ans, et 12 % pensent qu’ils seront acquis ou regroupés. Près d’un répondant sur cinq (19 %) affirme avoir été peu touché, et seuls 9 % affirment être à risque d’échouer.
Alors que l’incertitude persiste, les dirigeants du secteur canadien de l’automobile privilégient la stabilité opérationnelle. Selon le rapport, les deux principales priorités des fabricants et des fournisseurs pour les trois prochaines années sont de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de sécuriser les matières premières, suivies de près par l’augmentation de la productivité et l’optimisation des coûts.
Les données montrent que ces priorités suscitent déjà des changements :
- 82 % des fabricants et des fournisseurs ajustent activement leurs stratégies de chaîne d’approvisionnement
- 70 % explorent les marchés internationaux
- 26 % affirment que de nouvelles alliances régionales seront essentielles à leur succès au cours des trois prochaines années
- 63 % ont augmenté leurs prix en raison du contexte tarifaire
- 62 % ont considérablement modifié leur gamme de produits afin de réduire leur vulnérabilité aux barrières tarifaires
- 69 % investissent massivement dans l’IA et les technologies émergentes
- 70 % ont atteint ou dépassé leurs objectifs d’adoption de la technologie
- 20 % déclarent des gains de productivité de plus de 25 % attribuables à l’IA
- 44 % croient que l’intégration de technologies et de logiciels de pointe sera la plus grande occasion pour le secteur canadien de l’automobile au cours des trois prochaines années
- 38 % affirment que la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement nationale en batteries d’ici trois ans représente l’une des plus grandes occasions pour le secteur
« Le secteur canadien de l’automobile subit une pression intense en ce qui concerne les coûts en raison des droits de douane américains sur les pièces automobiles, l’acier et l’aluminium. Les principaux acteurs du secteur ne se contentent pas de gérer les perturbations à la frontière américaine; ils cherchent aussi de nouveaux marchés qui leur offriront une plus grande certitude commerciale. Il ne faut pas oublier que le Canada a conclu 15 accords de libre-échange avec 51 pays, ce qui représente 1,8 milliard d’habitants et 60 % du PIB mondial », affirme Joy Nott, associée, Douanes et commerce international, KPMG au Canada.
Elle ajoute que l’arrivée de nouveaux joueurs sur le marché des véhicules électriques (VE) pourrait avoir une incidence sur la compétitivité du secteur automobile et poser des défis. « La grande inconnue est de savoir si ces nouveaux joueurs s’engageront à investir au pays et à y fabriquer des véhicules », dit-elle.
Selon Tim Webb, associé, Chaîne d’approvisionnement et approvisionnement, KPMG au Canada, les barrières tarifaires forcent les fabricants à retracer l’origine de chaque composant de ce qui traverse la frontière. « Cela a créé un énorme problème de données que les fabricants tentent de résoudre au moyen d’investissements dans l’analyse de données, d’un approvisionnement stratégique ciblé, ou des deux », dit-il.
Le rapport de KPMG souligne également que le secteur peut s’attendre à des regroupements et des intégrations, et précise que ses principaux acteurs pourraient devoir investir directement auprès des fournisseurs et des partenaires indépendants pour traverser cette période de turbulence continue.
« À l’heure actuelle, la situation dépend énormément de la direction des investissements en fabrication. Puisque les fournisseurs doivent rester à proximité des usines de fabrication, je ne m’attends pas à voir un grand nombre de fournisseurs canadiens apporter de grands changements jusqu’à ce que les FEO consolident leurs plans. La situation pourrait être différente dans le cas de ceux qui ont des capacités des deux côtés de la frontière et qui pourraient adapter la répartition de leur production pour réduire leur exposition aux coûts et aux complexités des droits de douane », ajoute-t-il.