Devant l’incertitude économique, les chefs de la direction des plus grandes et des plus influentes sociétés canadiennes s’efforcent de stimuler leur productivité et de renforcer leur résilience, notamment en tirant avantage d’une utilisation pratique et active de l’intelligence artificielle (IA), selon le sondage Perspective des chefs de la direction canadiens de 2025 de KPMG au Canada.
Au pays, l’IA figure au sommet des priorités d’investissement pour 78 % de ces dirigeants – un taux quasi identique à leurs homologues mondiaux (71 %) – et pour 83 % des chefs de moyennes entreprises (PME) sondés dans le cadre d’une autre enquête de KPMG.
« Les chefs de la direction canadiens se tournent vers de nouveaux outils pour redéfinir la réussite et propulser la transformation de leur société, alors qu’ils naviguent de plus en plus difficilement dans une incertitude accrue, affirme Benjie Thomas, chef de la direction et associé principal chez KPMG au Canada. Le défi consiste à investir méthodiquement leur capital afin que l’IA s’aligne sur leur stratégie d’affaires, soit adéquatement mise en œuvre et s’intègre à leurs activités de sorte à assurer des gains de productivité substantiels. Bien sûr, tout cela n’est possible qu’avec le soutien, la formation et la compétence des employés. »
Récemment, Statistique Canada a révélé que la productivité de la main-d’œuvre et les investissements globaux des entreprises – déjà faibles – ont reculé au deuxième trimestre de 2025, un problème qui perdure au pays.
« Il est impossible de redresser la productivité sans investissements des entreprises. C’est pourquoi il est encourageant de voir les sociétés investir dans des outils d’IA qui peuvent renverser les déclins », souligne M. Thomas.
En effet, l’IA – sa compréhension et sa mise en œuvre – s’avérera la priorité opérationnelle absolue des dirigeants canadiens pour les trois prochaines années, 73 % d’entre eux envisageant d’investir de 10 à 20 % de leur budget dans cette technologie au cours des 12 prochains mois. En comparaison, leurs homologues ailleurs dans le monde ont classé l’IA au deuxième rang, sous la transformation numérique et la connectivité, 69 % d’entre eux ayant l’intention d’y consacrer de 10 à 20 % de leur budget au cours de la prochaine année.
Dans notre sondage, nous avons demandé aux chefs de la direction de nommer les qualités essentielles pour diriger leur organisation dans un contexte d’instabilité géopolitique et de faible croissance économique. Ils mentionnent la « capacité à diriger la transformation et le changement de culture », la « capacité à agir avec une grande agilité et à accélérer la prise de décisions sous pression », le « renforcement des capacités de projection stratégique et de planification de scénarios » et le fait d’assurer « la compréhension et la compétence des employés en matière d’IA ».
« Le Canada entame une période charnière alors qu’il remanie son économie et que l’IA transforme les entreprises, indique M. Thomas. Les chefs de la direction reconnaissent que, pour bâtir un pays prospère et dynamique, tout commence par leur organisation et leur capacité à diriger et à inspirer leurs équipes pour accélérer l’innovation et la croissance. La complaisance n’a plus sa place. »