Après avoir atteint un sommet record l'an dernier, les investissements dans les entreprises de technologies financières canadiennes ont chuté au premier semestre de 2025, mais sont demeurés relativement robustes dans un contexte d'incertitude accrue découlant de la guerre commerciale des États-Unis et de la volatilité des marchés, selon le rapport Pulse of Fintech du premier semestre 2025.
Un total de 1,62 milliard de dollars américains a été investi dans les technologies financières canadiennes dans le cadre de 60 transactions au premier semestre de l'année, ce qui représente une baisse importante par rapport aux 7,5 milliards de dollars américains record investis au deuxième semestre de 2024 et aux 2,4 milliards de dollars américains investis au premier semestre de l'année dernière, selon les données compilées par PitchBook pour KPMG International. Le nombre de transactions comprend les fusions et acquisitions, le capital-investissement et le capital-risque.
À l'échelle mondiale, l'investissement dans les technologies financières a chuté, passant de 54,2 milliards de dollars américains dans 2 376 transactions au deuxième semestre de 2024 à 44,7 milliards de dollars américains dans 2 216 transactions au premier semestre de 2025.
Dubie Cunningham, associée au sein du groupe Services bancaires et marchés financiers de KPMG au Canada et spécialisée dans les technologies financières, affirme que la baisse des activités d'investissement au premier semestre de 2025 devrait être considérée comme une normalisation plutôt que comme une baisse de l'intérêt des investisseurs pour les technologies financières, car le record de l'an dernier a été soutenu par deux mégaententes.
« L'an dernier a été exceptionnellement fort sur le plan des investissements dans les technologies financières, grâce à deux transactions privées majeures. Depuis, les activités d'investissement sont tombées à des niveaux plus stables. En fait, si l'on tient compte de changements économiques qui nuisent au commerce international, comme l'imposition de droits de douane, les investissements au cours du premier semestre ont été assez robustes par rapport aux niveaux historiques », a fait remarquer Mme Cunningham.
« Il y a encore beaucoup de liquidités à déployer par les investisseurs, mais ils adoptent un comportement plus sélectif que les années précédentes. Ils sont à la recherche d'entreprises de qualité, et nous constatons des délais plus longs pour la maturation des transactions de capital-investissement au stade moyen-avancé », a-t-elle déclaré.
La plus importante transaction au Canada – et huitième à l'échelle mondiale – a été le rachat pour 916,5 millions de dollars américains (1,3 milliard de dollars canadiens) de la société d'experts-conseils en TI Converge Technology Solutions, dont le siège social est situé au Québec par H.I.G. Capital, une société de capital-investissement établie à Miami. La deuxième transaction en importance a été l'acquisition pour 201,5 millions de dollars canadiens de Payfare Inc., établie à Toronto, par Fiserv, Inc.
Mme Cunningham affirme que de telles transactions montrent que les acquéreurs dans le domaine des technologies financières ont changé leur orientation. « Les investisseurs évitent les investissements spéculatifs et les perspectives de croissance future pour les entreprises qui ont de solides fondamentaux, une rentabilité soutenue et une part de marché croissante. »
Edith Hitt, associée chez KPMG au Canada et cheffe de l'équipe Transformation numérique des services financiers au Québec, affirme que même si le Canada représente 2,7 % du nombre de transactions mondiales dans le domaine des technologies financières et 3,7 % de la valeur totale divulguée, « le Canada est une petite, mais significative part de la technologie financière mondiale, qui pèse légèrement au-dessus de son poids en ce qui concerne la taille des transactions et la présence au stade avancé de financement ou de rachat lorsque de grands événements se produisent. »