Les entreprises relancent leur préparation aux situations d'urgence
Le sondage révèle que plus de la moitié (53 %) investissent dans des modifications d'infrastructure pour résister aux conditions météorologiques extrêmes. Cela pourrait comprendre la rénovation des bâtiments pour les rendre plus résistants à la chaleur, l'adoption d'une architecture adaptative ou l'intégration de matériaux perméables et d'infrastructures vertes pour gérer les eaux de ruissellement et réduire les inondations, selon Mme Davé.
Près de 8 entreprises sur 10 (78 %) investissent dans des données, des analyses et des solutions technologiques pour repérer, surveiller ou atténuer les risques climatiques.
« La probabilité et la gravité accrues des phénomènes météorologiques extrêmes signifient que nous ne pouvons pas baisser la garde, a déclaré Leon Gaber, associé, Services-conseils et leader national, Résilience des infrastructures essentielles et de gestion des urgences, KPMG au Canada, basé à Victoria. Qu'une catastrophe survienne dans des régions éloignées ou dans des centres urbains, les entreprises et les gouvernements doivent continuellement évaluer et mettre à jour la planification et les procédures d'urgence afin d'y intégrer les leçons apprises et les pratiques exemplaires.
En utilisant des données et des technologies de pointe comme l'intelligence artificielle, les capteurs à distance, les drones et les jumeaux numériques, les entreprises peuvent améliorer leur capacité à prévoir les événements liés au climat, à évaluer leurs effets sur les opérations et à réagir plus rapidement et plus efficacement. »
Selon le sondage de KPMG, les deux tiers des chefs d'entreprise affirment avoir un plan pluriannuel d'adaptation aux changements climatiques assorti de mesures à court, moyen et long terme adaptées à leurs activités commerciales pour rendre leur entreprise plus résiliente, et 56 % collaborent avec des experts climatiques pour améliorer leur préparation aux changements climatiques à long terme. Environ 6 répondants sur 10 (62 %) ont effectué une évaluation des risques climatiques pour repérer les dangers climatiques et 66 % prévoient d'effectuer une évaluation des risques climatiques au cours des deux prochaines années.
Les deux tiers (67 %) des répondants déclarent que les conditions météorologiques extrêmes de l'an dernier ont incité leur entreprise à élaborer des plans d'urgence spécifiques, et 62 % d'entre eux ont créé une équipe de planification des interventions d'urgence au cours des 12 derniers mois.
Alors que la plupart (93 %) investissent dans la préparation et à l'adaptation aux risques liés au climat, 68 % des répondants déclarent que les craintes de récession découlant de la guerre commerciale mondiale déclenchée par les États-Unis les obligent à réduire leurs investissements dans les risques climatiques.
« Bien que les entreprises soient forcées de chercher des moyens de réduire leurs dépenses en raison de la guerre commerciale, mère Nature ne nous laissera pas de répit en raison des nouveaux tarifs, a déclaré Doron Telem, associé et leader national, Enjeux ESG, KPMG au Canada, basé à Toronto.
Ce dont les organisations ont besoin, c'est de mettre en œuvre des outils plus avancés pour anticiper et atténuer les répercussions des conditions météorologiques. Cela permettra d'informer les entreprises sur la façon de structurer leurs plans de gestion des urgences, tout comme elles le font pour d'autres risques comme la cybersécurité et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Les événements climatiques ne devraient plus être considérés comme un cas de force majeure, et des plans appropriés devraient être mis en place pour répondre efficacement à une urgence et s'en remettre. Les pratiques exemplaires comprendraient une analyse de scénarios pour des événements météorologiques spécifiques, des exercices de simulation des protocoles d'urgence et la mise en œuvre d'une formation récurrente pour tenir compte des conditions changeantes au fil du temps. »
Selon Statistique Canada, le montant versé par les assureurs en cas de catastrophes météorologiques a considérablement augmenté au cours des 40 dernières années. Entre 1983 et 2008, les montants versés atteignaient en moyenne 400 millions de dollars par année. Depuis 2009, ce chiffre a bondi à près de 2 milliards de dollars par année, atteignant 3,4 milliards de dollars en 2022 et 3,1 milliards de dollars en 2023. En 2024, quatre événements climatiques majeurs – les inondations à Toronto, les feux de forêt à Jasper, les tempêtes de grêle à Calgary et l'ouragan Debby au Québec – ont entraîné des paiements de plus de 7,1 milliards de dollars à eux seuls.
Et ces pertes ne sont probablement que la pointe de l'iceberg. Un rapport du Centre Intact d'adaptation au climat indique que pour chaque dollar de perte assurable enregistré, 3 à 4 dollars de perte et de dommages non assurables sont absorbés par les gouvernements, les entreprises et les particuliers.
Selon le sondage de KPMG, plus de 6 entreprises sur 10 (63 %) ont sont assurées contre certains effets des conditions météorologiques, mais cherchent à accroître leur couverture d'assurance. 61 % déclarent être en train d'élaborer un examen complet de leur assurance contre les répercussions des conditions météorologiques. Près du tiers (31 %) des répondants déclarent que leur assurance a été annulée en raison de risques climatiques ou météorologiques extrêmes, et 32 % n'ont pas d'assurance pour couvrir les répercussions des phénomènes météorologiques violents parce qu'elles coûtent trop cher.
Entre le 16 avril et le 6 mai 2025, KPMG au Canada a mené un sondage auprès de propriétaires d'entreprises ou de cadres supérieurs de 351 entreprises canadiennes, à l'aide du principal groupe de recherche sur les affaires de Sago. 31 % des entreprises ont un chiffre d'affaires brut annuel de 500 millions de dollars à 1 milliard de dollars, 25 % ont un chiffre d'affaires brut annuel de 100 à 299 millions de dollars, 21 % ont un chiffre d'affaires brut annuel de 300 à 499 millions de dollars et 11 % ont un chiffre d'affaires brut annuel de plus d'un milliard de dollars. Aucune entreprise n'a été sondée avec un revenu brut annuel inférieur à 10 millions de dollars.