Les sociétés d'extraction et d'exploration minières canadiennes ont convenu que les défis les plus urgents à relever sont les suivants : définir et atténuer les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), mobiliser des capitaux, réduire les coûts et surmonter les obstacles réglementaires. Un autre point sensible soulevé par les répondants est le délai de délivrance des permis; autrement dit, le temps qu'il faut pour obtenir un « droit d'exploitation ».
La décarbonisation est un autre défi auquel l'industrie est confrontée. Les personnes sondées disent s'attendre à ce que les investisseurs surveillent de plus près leurs stratégies de décarbonisation cette année.
Le sondage montre que moins d'un quart (23 %) ont pris des engagements formels pour atteindre toutes les cibles de réduction d'émissions de carbone liées à la portée d'ici 2050. Environ le quart (24 %) n'ont pas encore pris d'engagements officiels, mais travaillent à l'élaboration d'un plan de réduction des émissions. Par ailleurs, 10 % n'ont pas de stratégie en matière de facteurs ESG ou de réduction du carbone, et 7 % ne prévoient pas de se doter d'une stratégie ou ne peuvent réduire leurs émissions pour le moment.
Les émissions de portée 1 englobent les émissions de gaz à effet de serre (GES) de sources détenues ou contrôlées directement par une entreprise, alors que les émissions de portée 2 sont des émissions indirectes créées par la production de l'énergie qu'une organisation achète. « Il est beaucoup plus difficile de réduire les émissions de portée 3 que celles des portées 1 et 2, car elles englobent les émissions indirectes créées en amont et en aval de la chaîne de valeur de l'entreprise, ce qui peut être problématique pour toutes les sociétés, y compris les sociétés minières », soutient Mme Cheeseman.
« Le rythme de la décarbonisation dépend de la taille de l'entreprise, de son empreinte carbone et de ses ressources », indique-t-elle. « Or, de nombreux acteurs de l'industrie font face à des obstacles importants pour réduire les émissions de portée 3 en particulier. Comme le Canada a une capacité de fusion ou d'affinage relativement faible pour les minéraux les plus critiques, les minéraux intermédiaires qu'il produit sont expédiés à des fonderies partout dans le monde. Tant que le Canada n'aura pas la capacité de fusionner ou d'affiner ce qui est extrait au pays, les possibilités des sociétés minières resteront limitées. »