error
Tant que vous êtes connecté à votre compte actuel, vous ne pourrez pas vous souscrire un abonnement sur ce site.
close
Skip to main content

      1. Où en sont les tarifs douaniers américains imposés au Canada?

      Nous estimons que le taux tarifaire actuel des États-Unis à l’égard du Canada s’établit à 7 %, compte tenu de l’escalade récente des tensions commerciales, y compris l’application des droits de douane prévus à l’article 338. La semaine dernière, avant cette dernière escalade, le taux tarifaire effectif était d’environ 5 %.

      La plus récente menace connue émanant des États-Unis est un tarif général de 50 % sur le secteur de l’automobile le 1er janvier, qui, selon nos estimations, porterait le taux tarifaire effectif du Canada à environ 8,5 %.

      Le taux tarifaire effectif du Canada demeure l’un des meilleurs parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, se situant à peu près au même niveau que celui du Mexique et du Royaume-Uni, mais en deçà des autres principaux partenaires commerciaux des États-Unis, comme l’Union européenne. (8 %) et le Japon (13 %), selon les estimations du Yale Budget Lab.

      2. Quelles provinces et quels secteurs sont les plus touchés?

      Le Québec, la Colombie-Britannique et l’Ontario demeurent les provinces les plus touchées par les droits de douane, et les plus récentes mesures prises en vertu de l’article 338 ont également une incidence sur ces provinces (graphique). Toutefois, les tarifs prévus à l’article 338 aggravent les difficultés économiques dans tout le pays, avec des augmentations importantes en Nouvelle-Écosse et au Manitoba. L’Alberta et la Saskatchewan demeurent largement épargnées.

      Par industrie, c’est le secteur de la fabrication qui est confronté à l’énorme fardeau des droits de douane, bien qu’une légère augmentation ait été constatée pour les produits agricoles. Si l’on examine de plus près les sous-secteurs de la fabrication, les plus durement touchés sont ceux de l’acier et de l’aluminium, mais les derniers tarifs imposés en vertu de l’article 338 élargissent considérablement la portée de l’incidence, en particulier sur les industries du textile et du vêtement. Les équipements électriques et les ordinateurs ont également connu des hausses significatives. En termes de répercussions économiques, cependant, les industries du matériel de transport (automobiles) et de l’acier et de l’aluminium sont les plus touchées.

      3. À quoi ressemblent les contre-mesures prises par le Canada?

      Les contre-mesures proposées par le Canada, qui sont prévues pour le 8 septembre, visent des importations d’une valeur d’un peu moins de 30 milliards de dollars en provenance des États-Unis et font passer le taux tarifaire effectif du Canada à l’égard des États-Unis d’un peu moins de 3 % à environ 6 %. Par province, les contre-mesures sont fortement axées sur les exportations des États-Unis vers l’Ontario, suivies par le Manitoba, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan, si elles entrent en vigueur.

      Par industrie, environ la moitié des dernières contre-mesures concernent des produits sidérurgiques et d’aluminium et, de manière générale, visent des biens intermédiaires utilisés dans la production plutôt que des biens finaux.

      4. Quelles sont les répercussions de cette situation sur notre économie et sur l’inflation?

      La reprise économique du Canada sera freinée, mais elle ne sera pas compromise par les derniers tarifs américains. Nous nous attendons à ce que le PIB recule de 0,3 % à 0,5 % au cours de l’année prochaine si l’augmentation à un taux tarifaire de 7 % s’avère permanente. L’essentiel de cette situation affectera la croissance du PIB l’année prochaine. Nous prévoyons toujours une croissance légèrement inférieure à 1 % en 2026 (y compris après la publication des chiffres solides d’aujourd’hui, conformément à nos attentes) et nous pourrions revoir à la baisse nos prévisions concernant la croissance de 2027, les faisant passer d’environ 2 % à 1,5 % à 1,7 %, en supposant que ces tarifs soient permanents et qu’il n’y ait pas d’autre escalade.

      Pour ce qui est de l’emploi, nous estimons que l’incidence globale des tarifs douaniers sur le marché du travail a été modeste, et nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive avec la dernière série de tarifs, malgré l’élargissement de leur portée. Les tarifs prévus à l’article 338 entraîneront une baisse de l’emploi de 5 000 à 15 000 postes.

      Nos estimations sont fondées sur l’expérience canadienne en 2025 ainsi que sur des travaux empiriques tirés de la littérature politique et universitaire. Contrairement à d’autres, nous ne nous appuyons pas sur les multiplicateurs de production ou d’emploi de Statistique Canada, car ils sont désuets et surestiment généralement les effets directs et indirects.

      Après avoir examiné diverses méthodes, nous sommes arrivés à la règle empirique suivante : pour chaque point de pourcentage d’augmentation du taux des tarifs effectifs imposés sur le Canada et, compte tenu de l’effet d’incertitude connexe, le PIB canadien diminue d’environ 0,15 % à 0,2 % après environ un an.

      Les contre-mesures adoptées par le Canada sont relativement bien conçues pour limiter les dommages économiques au pays et les pressions inflationnistes. Environ 70 % des mesures ciblent les biens intermédiaires et une part importante est liée aux produits en acier et en aluminium. Bien que ces contre-mesures aient un effet perturbateur à court terme, il existe une forte probabilité que les importations en provenance des États-Unis soient remplacées par celles d’autres pays et que la capacité intérieure soit réorientée. Les entreprises peuvent également demander une remise pour limiter les dommages économiques. Selon nos estimations, ces contre-mesures entraîneraient une baisse du PIB d’environ 0,1 % à 0,2 %.

      Les répercussions inflationnistes de nos tarifs seraient également faibles, car les plus récentes contre-mesures du Canada ciblent principalement les intrants (80 %) plutôt que les biens de consommation finaux (20 %). Nous nous attendons à ce que l’inflation subisse une hausse de 0,2 % à 0,3 % dans un an en raison de ces tarifs.

      Dans l’ensemble, même si les répercussions de cette dernière vague de tensions commerciales ne sont pas nécessairement spectaculaires et que l’économie canadienne est tout à fait capable de s’en sortir tant bien que mal, la réalité est que les coûts s’accumulent et que les risques économiques sont amplifiés. Nous estimons que tous les droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes pourraient entraîner un ralentissement de 1,0 % à 1,5 % ou une perte de production de 30 à 50 milliards (chiffres ajustés en fonction de l’inflation), et que les pertes d’emploi pourraient se situer de 25 000 à 40 000 d’ici la fin de 2027.

      5. À quoi peut-on s’attendre?

      Si le Canada applique ces contre-mesures dans quelques semaines, nous nous attendons à une forte probabilité d’escalade de la part des États-Unis et à des risques de ralentissement de l’économie et de hausse de l’inflation dans le cadre de ce scénario. Les effets de l’incertitude touchent probablement déjà certaines entreprises, et le secteur manufacturier dans son ensemble demeure manifestement dans la ligne de mire.

      Le gouvernement fédéral dispose de la marge de manœuvre financière nécessaire pour amortir certaines répercussions. La Banque du Canada pourrait elle aussi abaisser ses taux en cas d’escalade importante, mais la barre pour obtenir son soutien est très haute, compte tenu des prix de l’énergie et du fait que l’inflation globale demeure supérieure à la cible de la Banque.

      Le Canada et les États-Unis semblaient très proches d’un accord, et le premier ministre a clairement indiqué que d’importantes questions non économiques avaient interrompu les pourparlers. Toutefois, il semble que les esprits se soient un peu entendus sur au moins certaines de ces questions, compte tenu des dernières déclarations du Canada et du ton un peu moins ferme des représentants américains. Mais la situation économique reste incertaine. Les relations économiques entre le Canada et les États-Unis sont vastes et englobent la fabrication, les ressources naturelles, les services commerciaux et autres ainsi que les finances.

      La liste des « irritants » des deux côtés semblait être réduite, et des concessions économiques raisonnables semblaient avoir été faites de toutes parts. Un cycle d’escalade risque d’allonger cette liste, et de rendre tout accord final moins favorable que ce qui était envisagé de part et d’autre. Il est temps de retourner à la table des négociations et de régler les choses, pas de camper sur ses positions. Plus cette situation s’éternisera, plus l’incidence sera importante et le débat sur l’économie passera de la façon dont nous pouvons prospérer à la façon dont nous pouvons survivre.


      Article rédigé par Ali Jaffery, associé et économiste en chef, et Peter Shannon, économiste principal, KPMG Canada.

      Ali Jaffery

      Associé et économiste en chef

      Ottawa

      KPMG Canada


      Abonnez-vous pour recevoir les dernières perspectives économiques directement dans votre boîte de réception.

      Analyses

      L’intelligence économique au cœur des décisions stratégiques.

      Renseignements et ressources pour aider à optimiser votre stratégie commerciale et à renforcer votre résilience.

      Réaliser les ambitions du Canada en matière d’infrastructure.


      Communiquez avec nous

      Vous avez des questions?

      Veuillez communiquer avec l’équipe des Services économiques de KPMG.

      building