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      Article initialement publié dans Canadian Mining Magazine

      À mesure que l’année 2025 progressait, les perceptions au sein du secteur minier au Canada se sont manifestement transformées.

      Nous avons commencé l’année en plein brouillard d’incertitude politique et commerciale. Ce contexte nécessitait une réponse nationale sur de nombreux fronts, et nous en ressortons avec un sens de notre mission beaucoup plus clair. Pour ceux parmi nous qui observent les recoupements entre les politiques énergétiques et la sécurité de l’approvisionnement en ressources, il apparaît évident qu’une nécessité stratégique est en train de s’établir en temps réel.

      L’alignement gouvernemental donne lieu à cette impression, alors que les représentants fédéraux et provinciaux effectuent un virage vers la réduction des obstacles juridictionnels dans l’espoir de créer une stratégie de « construction de la nation ». De l’entente « Un projet, un processus » à l’élargissement de la stratégie sur les minéraux critiques à l’ensemble du pays, nous constatons une tendance au retrait des obstacles réglementaires qui nous ont ralentis par le passé. Nos gouvernements agissent enfin de concert pour transformer le potentiel inexploité du Canada en un moteur sécuritaire et rapide de la transition énergétique.

      Certitude fiscale

      Nous exerçons nos activités dans un contexte de resserrement du marché et où la part des investissements mondiaux du Canada est sous pression. Pour les entreprises qui tentent de pénétrer le marché, la difficulté d’obtenir des capitaux demeure un obstacle de taille. La transformation d’un projet en démarrage en une découverte de calibre mondial nécessite des capitaux patients et fiables.

      Voilà pourquoi le récent alignement gouvernemental constitue la transformation la plus importante et la plus positive de la dernière année.

      La décision d’offrir un renouvellement pluriannuel du crédit d’impôt pour l’exploration minière (« CIEM ») a joué un rôle important dans la stabilisation du secteur.

      De plus, l’élargissement du crédit d’impôt pour l’exploration de minéraux critiques (« CIEMC ») afin d’inclure 12 minéraux supplémentaires, allant du manganèse de haute pureté au germanium, constitue une reconnaissance du fait que notre sécurité nationale est liée à la diversité de nos minéraux. Grâce au Fonds souverain pour les minéraux critiques de 2 milliards de dollars mis en place par le gouvernement fédéral, le Canada se positionne comme un partenaire stratégique capable d’atténuer les risques associés aux étapes les plus hautement capitalistiques du développement.

      Moderniser le règlement

      Nous sommes témoins d’une modernisation du contexte réglementaire attendue depuis longtemps, qui s’opère au moyen de l’examen en cours du Règlement 43-101 sur l’information concernant les projets miniers, connu comme la norme 43-101.

      La refonte proposée, la première dans les 25 dernières années, témoigne d’un secteur gagnant en maturité qui harmonise enfin ses normes d’information avec les réalités des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (« ESG ») modernes et la mobilisation des Autochtones. Bien qu’elles en soient toujours à l’étape de la proposition, ces mises à jour promettent d’aller au-delà des données techniques en ce qui concerne la conformité, afin de refléter la réelle intégration de l’acceptabilité sociale et des progrès technologiques.

      L’année dernière, les gouvernements fédéral et provinciaux ont finalement reconnu la nature complexe du processus d’obtention des permis, qui s’échelonne sur des décennies et comporte des chevauchements. Un des développements les plus prometteurs de la dernière année est l’engagement à l’égard de l’accélération des projets d’infrastructure au moyen du Bureau des grands projets. L’objectif déclaré, soit de réduire les délais de développement pour les faire passer de dix à cinq ans, est exactement le genre d’urgence « d’intérêt national » dont nous avons besoin.

      Le but est d’offrir une « voie prévisible ». Tant pour le Cercle de feu en Ontario que pour les ceintures de lithium au Québec, la mise en œuvre de processus efficaces dès le départ dans les décisions concernant l’utilisation des terres nous permet d’atteindre un équilibre entre le développement axé sur les résultats et la conservation.

      Lorsque nous dirigeons en nous appuyant sur des résultats scientifiques, les échéanciers deviennent prévisibles, ce qui permet au Canada de demeurer une destination de premier plan pour le capital-risque mondial.

      Protéger nos actifs

      La flambée des prix des métaux précieux stimule les opérations dans le secteur, alors que des producteurs importants agrandissent leurs réserves et élargissent leur présence géographique en acquérant de petites sociétés minières. Nous nous attendons à voir davantage d’activités de fusion et d’acquisition, dans un contexte où les mineurs sont susceptibles d’échanger des gisements miniers alors qu’ils se constituent des réserves et transforment leur portefeuille afin de tirer parti des occasions sur le marché, de réduire les risques ou d’atténuer l’exposition à l’instabilité politique.

      La vraie valeur de notre « primauté du droit » nous apparaît le plus clairement lorsqu’on la compare à la montée du nationalisme des ressources ailleurs dans le monde.

      Au Mali, un grand complexe minier canadien a été brièvement placé sous l’administration de l’État en raison d’une impasse prolongée concernant un nouveau code minier, en attendant qu’un règlement soit conclu. Cette instabilité a entraîné la chute de la production d’or industriel dans la région. Ces types de chocs géopolitiques poussent les investisseurs à s’éloigner des régions à risque élevé et à revenir vers la sécurité et la transparence relatives du marché canadien, ce qui place le Canada au premier plan.

      Dans un autre exemple de nationalisme des ressources, les États-Unis ont démontré leur intention évidente d’assurer leur accès aux minéraux critiques par des actions diplomatiques et stratégiques. Ils ont notamment acheté des intérêts directs dans des sociétés minières clés, formé un bloc commercial avec des alliés et des partenaires, utilisé les tarifs pour maintenir des prix minimaux et lancé l’initiative « Project Vault », un projet de 12 milliards de dollars américains visant à assurer l’accès aux minéraux critiques. Il reste à voir quel sera le rôle du Canada.

      Les pays cherchent à resserrer leur emprise sur les minéraux critiques, ce qui pose des défis aux sociétés minières et au Canada. Nous assistons à un va-et-vient entre notre besoin d’investissements massifs en capital et notre désir de souveraineté des ressources.

      L’acquisition de Goldcorp par Newmont, établie au Colorado, en 2019 pour un montant de 10 milliards de dollars demeure un exemple frappant de la perte de propriété nationale de certains des actifs les plus essentiels du Canada. Cette opération est survenue à la suite de plusieurs acquisitions d’actifs canadiens par des sociétés étrangères, y compris Inco, Alcan et Falconbridge, ce qui a progressivement affaibli le contrôle national.

      Le gouvernement fédéral a réagi en adoptant une position protectrice et patriotique, en modernisant la Loi sur Investissement Canada afin de placer la sécurité nationale au premier plan de chaque opération.

      Le message est clair : le Canada est ouvert aux affaires, mais ne veut plus jouer un simple rôle d’intermédiaire pour les superpuissances mondiales. Le gouvernement exige des engagements fermes de la part des sociétés de conserver les sièges sociaux en sol canadien, mais la question demeure : les sociétés respecteront-elles leurs engagements?

      Équité et future main-d’œuvre

      En 2026, l’acceptabilité sociale d’un projet est tout aussi cruciale que sa géologie.

      Si la géologie détermine la viabilité d’un gisement, c’est l’acceptabilité sociale qui constitue l’ultime permis en matière de confiance. Le manque d’acceptabilité sociale peut dévaluer un projet, étant donné que les retards juridiques et les risques d’atteinte à la réputation sont pris en compte sur le marché. En accordant la priorité à la confiance sociale profondément enracinée, les exploitants canadiens s’assurent que les projets miniers ne sont pas seulement riches sur le plan géologique, mais également sûrs à long terme sur le plan opérationnel.

      Pour être résilient, un secteur a besoin d’une main-d’œuvre qui reflète les communautés où ses activités sont exercées. L’accent est désormais mis sur la participation significative. Le secteur minier va maintenant au-delà de la consultation traditionnelle et entre dans une nouvelle ère de partenariat commercial. De plus en plus, les Premières Nations deviennent des parties prenantes quant à la question de l’équité dans les projets critiques d’infrastructure et de ressources à venir. Les programmes comme le Fonds pour la participation des Autochtones permettent de s’assurer que les bénéfices de la flambée des prix des matières premières se traduisent par une prospérité de portée historique.

      Nous devons continuer de soutenir les jeunes générations qui font leur entrée dans ce secteur – des étudiants de niveau postsecondaire aux professionnels en début de carrière – tout en réclamant la sécurité des politiques à long terme.

      L’avantage du Canada a toujours été son grand talent en matière d’ingénierie, ses normes d’information rigoureuses et son écosystème financier mature.

      Nous avons maintenant l’occasion de protéger cet avantage.

      En nous concentrant sur le développement axé sur les résultats en même temps que sur la conservation et en nous assurant que les succès en matière de prospection se traduisent par des avantages à long terme pour les communautés, nous ne construisons pas simplement des mines; nous posons les bases d’un avenir résilient.

      Il nous appartient de façonner l’avenir, pourvu que le secteur et ses partenaires agissent avec l’urgence que ce moment exige.

      Heather Cheeseman

      Associée et leader nationale, Mines

      KPMG Canada

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