La flambée des prix des métaux précieux stimule les opérations dans le secteur, alors que des producteurs importants agrandissent leurs réserves et élargissent leur présence géographique en acquérant de petites sociétés minières. Nous nous attendons à voir davantage d’activités de fusion et d’acquisition, dans un contexte où les mineurs sont susceptibles d’échanger des gisements miniers alors qu’ils se constituent des réserves et transforment leur portefeuille afin de tirer parti des occasions sur le marché, de réduire les risques ou d’atténuer l’exposition à l’instabilité politique.
La vraie valeur de notre « primauté du droit » nous apparaît le plus clairement lorsqu’on la compare à la montée du nationalisme des ressources ailleurs dans le monde.
Au Mali, un grand complexe minier canadien a été brièvement placé sous l’administration de l’État en raison d’une impasse prolongée concernant un nouveau code minier, en attendant qu’un règlement soit conclu. Cette instabilité a entraîné la chute de la production d’or industriel dans la région. Ces types de chocs géopolitiques poussent les investisseurs à s’éloigner des régions à risque élevé et à revenir vers la sécurité et la transparence relatives du marché canadien, ce qui place le Canada au premier plan.
Dans un autre exemple de nationalisme des ressources, les États-Unis ont démontré leur intention évidente d’assurer leur accès aux minéraux critiques par des actions diplomatiques et stratégiques. Ils ont notamment acheté des intérêts directs dans des sociétés minières clés, formé un bloc commercial avec des alliés et des partenaires, utilisé les tarifs pour maintenir des prix minimaux et lancé l’initiative « Project Vault », un projet de 12 milliards de dollars américains visant à assurer l’accès aux minéraux critiques. Il reste à voir quel sera le rôle du Canada.
Les pays cherchent à resserrer leur emprise sur les minéraux critiques, ce qui pose des défis aux sociétés minières et au Canada. Nous assistons à un va-et-vient entre notre besoin d’investissements massifs en capital et notre désir de souveraineté des ressources.
L’acquisition de Goldcorp par Newmont, établie au Colorado, en 2019 pour un montant de 10 milliards de dollars demeure un exemple frappant de la perte de propriété nationale de certains des actifs les plus essentiels du Canada. Cette opération est survenue à la suite de plusieurs acquisitions d’actifs canadiens par des sociétés étrangères, y compris Inco, Alcan et Falconbridge, ce qui a progressivement affaibli le contrôle national.
Le gouvernement fédéral a réagi en adoptant une position protectrice et patriotique, en modernisant la Loi sur Investissement Canada afin de placer la sécurité nationale au premier plan de chaque opération.
Le message est clair : le Canada est ouvert aux affaires, mais ne veut plus jouer un simple rôle d’intermédiaire pour les superpuissances mondiales. Le gouvernement exige des engagements fermes de la part des sociétés de conserver les sièges sociaux en sol canadien, mais la question demeure : les sociétés respecteront-elles leurs engagements?