Texte initialement publié dans le magazine Canadian Defence Review
Alors que le Canada redouble d’efforts pour revitaliser son secteur de la défense, le changement qui en résulte en matière d’approvisionnement ouvrira la porte à la participation d’un éventail d’entreprises élargi, et non seulement des joueurs traditionnels du secteur de l’aérospatiale et de la défense.
Le gouvernement fédéral a récemment annoncé un investissement de 244,2 millions de dollars au Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI CNRC) pour le lancement du nouveau projet Assistance à l’industrie de la défense (Assistance ID). Le projet fournira financement et conseils d’experts à de petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes qui mettent au point des technologies de défense et à double usage conçues au Canada.
Par l’intermédiaire d’Assistance ID, le gouvernement vise à libérer un potentiel caché dans l’économie. Le programme est conçu pour aider les entreprises à surmonter les obstacles à l’entrée sur le marché, à commercialiser des technologies de pointe, à gérer un processus d’approvisionnement très complexe, à s’intégrer à la chaîne d’approvisionnement des secteurs de la défense et de la sécurité et à accroître leurs activités afin de répondre aux besoins militaires nationaux et à être concurrentielles sur les marchés mondiaux.
Le défi est grand, mais grandement nécessaire pour susciter la croissance.
En vigueur depuis plus de 70 ans, le PARI CNRC a apporté du soutien à plus de 9 000 PME canadiennes novatrices au cours de la dernière année.
Sa réussite sera cruciale lors des années à venir.
Le programme reflète les objectifs de la Stratégie industrielle de défense du gouvernement fédéral, dans le cadre de laquelle 6,6 milliards de dollars sur 5 ans seront alloués pour la croissance des chaînes d’approvisionnement nationales en défense, l’élargissement de l’approvisionnement en ressources essentielles et le soutien à l’entrée des PME sur le marché de la défense.
Pour les entreprises qui convoitent le secteur, il sera utile de comprendre comment elles pourraient tirer parti des divers programmes et incitatifs fiscaux offerts par les gouvernements fédéral et provinciaux, qui sont tous trop souvent sous-utilisés. Si les gouvernements sont prêts à subventionner une partie des coûts pour se réoutiller, acheter du nouvel équipement, bâtir ou transformer des installations de fabrication ou accéder à de nouveaux marchés, pourquoi ne pas en tirer parti? Les subventions peuvent contribuer à abaisser le coût total et rendre un projet ou un achat nettement plus acceptable pour votre conseil d’administration, les prêteurs potentiels et les investisseurs/actionnaires.
Selon un sondage mené par le groupe Angus Reid pour KPMG au Canada après le dépôt du budget fédéral, seulement 35 % des PME canadiennes affirment qu’elles tireront parti des incitatifs fiscaux pour contribuer à leur croissance au cours des 18 prochains moins. Néanmoins, 70 % des répondants de cette même cohorte expriment également une difficulté d’accès au capital.
Ils se passent de fonds dont ils ont énormément besoin.
En guise d’exemple, voici un autre programme à explorer dont l’objectif est semblable. Il s’agit de l’Initiative régionale d’investissement dans la défense (IRID), nouvellement annoncée, qui prévoit une somme de 357,7 millions de dollars sur 3 ans et qui sera administrée par les agences de développement régional (ADR) du gouvernement fédéral. L’objectif consiste à accélérer l’intégration des entreprises et des écosystèmes régionaux aux chaînes d’approvisionnement nationales et internationales et à augmenter leurs capacités industrielles et d’innovation. L’initiative aide donc les entreprises à croître, à améliorer leur productivité et à faire leur entrée dans le secteur de la défense.
Comme il s’agit d’une initiative temporaire de trois ans, il est important de découvrir dès maintenant la meilleure façon dont votre entreprise peut en tirer parti.
Par ailleurs, il existe d’autres programmes qui ne sont pas spécialement destinés au secteur de la défense et qui pourraient également soutenir des entreprises ayant besoin de soutien financier. Par exemple, il existe en Ontario des programmes de financement comme le nouveau volet Innovation et compétitivité dans le secteur de la fabrication de pointe (ICDSFP), le Fonds de développement du Sud-Ouest de l’Ontario et le Fonds de développement de l’Est de l’Ontario, qui existent tous à leur façon pour aider les entreprises à croître et à élargir leurs activités, à investir dans la technologie et à créer des emplois de grande qualité.
Un même projet peut être admissible au soutien financier de plusieurs programmes gouvernementaux. En étant prévoyantes et en planifiant, les entreprises pourraient être en mesure de conjuguer plusieurs programmes pour les aider à croître et à élargir leurs activités. Toutefois, il importe de savoir que certains programmes comportent des limites en ce sens.
L’approbation repose directement sur la structure de la demande, l’admissibilité de l’entreprise et le mérite du projet ou du dossier commercial présenté. Nous avons une équipe spécialisée qui se consacre à aider les clients à trouver, à conjuguer et à prioriser les programmes gouvernementaux pertinents pour appuyer leurs besoins commerciaux et élaborer des demandes de financement rigoureuses et complètes.
À l’heure actuelle, les occasions qui se présentent pour les entreprises sont immenses.
Il ne s’agit pas seulement de fabriquer et d’entretenir de l’équipement militaire. Très vaste, le secteur de la défense regroupe toutes les entreprises, technologies et installations qui contribuent à la sécurité nationale. Il comprend la recherche et le développement dans le secteur des technologies de pointe et des services stratégiques, comme la logistique et la cybersécurité.
Toutefois, le secteur impose des normes strictes et des procédures de certification rigoureuses, en plus d’avoir toujours été au premier plan de l’innovation technologique. Certains biens de la vie courante ont été conçus par le secteur militaire, par exemple Internet, les aliments lyophilisés, les liquides lave-glace antibuée (initialement conçus pour les véhicules de service) ou la technologie d’auto-injection utilisée dans le produit EpiPen.
Le Canada investit massivement dans le secteur de la défense. Nous avons une culture d’innovation solide et une détermination collective renouvelée de réussir. Le moment est venu pour les entreprises de se procurer le capital dont elles ont besoin et de produire des résultats.
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Leigh Harris
Associée, Services-conseils – Management, Associée leader, Administration fédérale
Montreal
KPMG Canada