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      L'intelligence artificielle (IA) se répand rapidement au sein des organisations canadiennes, mais les rendements mesurables demeurent rares. Selon un sondage que KPMG a mené auprès de chefs d'entreprise canadiens en novembre 2025, 93 % de ceux-ci déclarent utiliser ou mettre à l'essai des technologies d'IA, en hausse par rapport à 61 % l'an dernier. Toutefois, seulement 2 % ont obtenu un rendement mesurable de leur investissement. Cet article explique pourquoi l'adoption de l'IA à elle seule ne suffit pas pour générer des retombées tangibles, et souligne l'importance d'investir davantage dans le personnel, les processus et la gouvernance pour que l'utilisation de cette technologie se traduise en une valeur durable.


      L'adoption de l'IA augmente, mais les lacunes organisationnelles subsistent

      L'adoption de l'IA est généralisée, mais pas son intégration. De nombreuses organisations ont introduit l'IA au moyen de projets pilotes ou de solutions ponctuelles, mais seulement 31 % ont intégré l'IA générative à leurs activités et flux de travail de base.

      Du côté des employés, l'adoption de l'IA demeure partagée : bien que nombreux d'entre eux se considèrent comme des adeptes précoces, une importante minorité demeure réticente. Selon l'Indice d'adoption de l'IA générative 2025 de KPMG, 51 % des employés canadiens utilisent maintenant l'IA générative au travail, comparativement à 46 % en 2024. Parmi ces utilisateurs, la plupart déclarent profiter d'avantages tangibles : 79 % d'entre eux affirment que l'IA générative a amélioré leur productivité, et plus de la moitié économise entre une et cinq heures de travail par semaine grâce à cette technologie.

      Bien que l'adoption de l'IA par les employés ait augmenté, le rythme ralentit. Après être passée de 22 % en 2023 à 46 % en 2024, la part des employés qui utilisent l'IA générative n'a augmenté que de 5 points de pourcentage en 2025 pour s'établir à 51 %. Près de la moitié des employés (49 %) n'utilisent toujours pas l'IA au travail, ce qui montre que l'engouement pour cette technologie s'estompe.  


      Plusieurs facteurs peuvent y contribuer :  
      • Faible confiance dans l'IA

        Dans le cadre d'une étude mondiale de KPMG menée en collaboration avec l'Université de Melbourne, le Canada s'est classé 42e sur 47 pays en matière de confiance dans les systèmes d'IA.

      • Littératie et formation en IA limitées

        La même étude a révélé que le Canada figure au 44e rang au chapitre de la littératie et de la formation en IA, ce qui indique un important déficit de compétences.

      • Directives insuffisantes

        Seulement 29 % des employés canadiens affirment que leur employeur a mis en place une politique exhaustive qui décrit les cas d'utilisation acceptable, en hausse par rapport à 18 % l'an dernier.

      • Accès limité aux outils d'IA générative

        7 % des employés déclarent que leur employeur interdit toujours l'utilisation d'outils d'IA générative, bien que ce pourcentage ait diminué par rapport à 16 % en 2024.


      Lorsque combinées, les données révèlent une tendance marquée : l'adoption de l'IA augmente, mais il reste encore du chemin à parcourir en ce qui concerne les capacités humaines et organisationnelles nécessaires pour générer des résultats mesurables. Dans l'ensemble du secteur, les organisations ont investi massivement dans la technologie. Cependant, les piliers liés au personnel et aux processus – ce qui inclut la littératie de la main-d'œuvre, la gestion du changement et la refonte des flux de travail – demeurent sous-développés.  

      Parallèlement, la gouvernance est devenue un volet essentiel, car elle établit les mécanismes de responsabilisation, de mesure de la valeur et de direction nécessaires pour guider l'adoption responsable de l'IA. Les lacunes en matière de capacités sont au cœur du manque de préparation à l'IA du Canada : sans un investissement équilibré dans le personnel, les processus et la gouvernance, l'adoption de la technologie à elle seule ne se traduira probablement pas en retombées tangibles.

      KPMG logo


      Stephanie Terrill

      Associée directrice canadienne, Transformation numérique et leader nationale, Services-conseils-Management

      KPMG Canada



      Les employés ont besoin d'une formation plus ciblée pour développer leurs connaissances en IA


      L'Indice d'adoption de l'IA générative 2025 de KPMG a révélé que 83 % des employés qui tirent parti de l'IA générative au travail estiment qu'ils doivent améliorer leurs compétences pour l'utiliser efficacement dans leur rôle. Toutefois, moins de la moitié (48 %) d'entre eux affirment que leur organisation offre actuellement une formation suffisante.

      En revanche, 82 % des dirigeants déclarent que leur organisation offre de la formation en IA, par rapport à 74 % en 2024. Cela suggère que la formation est de plus en plus accessible, mais de nombreux employés estiment qu'elle ne suffit pas pour les aider à améliorer leur productivité au moyen de l'IA.

      Pour combler cette lacune en matière de littératie, il faut des occasions d'apprentissage mieux adaptées à chaque rôle. Comme l'a souligné l'Institut Vecteur, chaque groupe d'intervenants a ses propres besoins en matière de formation :  


      Groupe d'intervenants
      Objectif d'apprentissage
      Concepteurs – Membres des équipes qui créent, développent et entretiennent des systèmes d'IA.Apprendre comment créer des outils d'IA fiables, évolutifs et sécurisés.
      Utilisateurs – Employés qui utilisent des outils et des capacités d'IA dans le cadre de leur travail.Comprendre les possibilités, les limites et les pratiques sécuritaires en matière d'IA.
      Personnel des fonctions de contrôle – Membres des équipes de la gestion des risques, des services juridiques et de la conformité qui supervisent la gouvernance, les politiques et les questions relatives aux risques.Découvrir comment devenir des homologues efficaces des concepteurs et des utilisateurs, notamment pour remettre en question leurs hypothèses et révéler les lacunes.
      Personnel des fonctions de soutien – Membres d'équipes comme les TI et les RH qui offrent du soutien relatif à la technologie, à la main-d'œuvre et aux opérations.Apprendre comment mettre en place des ressources de préparation à l'IA au sein de l'organisation.
      Haute direction – Leaders qui établissent l'orientation stratégique quant à l'IA et allouent les ressources.Découvrir comment repérer les tendances ainsi qu'anticiper les changements environnementaux et sur le marché.  


      Une confiance limitée et une gouvernance floue peuvent freiner l'adoption de l'IA


      L'utilisation responsable de l'IA augmente, mais la confiance dans la technologie demeure limitée. Selon l'Indice d'adoption de l'IA générative 2025 de KPMG, 58 % des employés vérifient systématiquement l'exactitude des résultats de l'IA, comparativement à 51 % en 2024. De plus, moins d'utilisateurs entrent des renseignements privés ou exclusifs dans leurs requêtes.

      Malgré ces progrès en matière de pratiques responsables, la confiance envers l'IA demeure faible. Ce sont 56 % des employés qui s'estiment très ou extrêmement préoccupés par les hallucinations (résultats erronés ou trompeurs) de l'IA, et qui affirment que cela limite leur utilisation de cette technologie au travail. L'opinion publique reflète des préoccupations similaires. Selon l'étude mondiale menée par KPMG en collaboration avec l'Université de Melbourne, près de la moitié (46 %) des Canadiens croient que les risques de l'IA l'emportent sur les avantages, les principales préoccupations étant les risques liés à la cybersécurité (87 %) et la perte de confidentialité ou de propriété intellectuelle (86 %).

      La sensibilisation des employés à la gouvernance de l'IA et aux balises est également limitée. Seulement 29 % d'entre eux affirment que leur employeur a mis en place une politique exhaustive en matière d'IA, tandis que 42 % ne savent pas si une telle politique existe. Cela peut laisser de nombreux employés dans l'incertitude quant à la façon d'utiliser l'IA de façon responsable ou aux attentes de leur employeur.

      Comme le souligne l'Institut Vecteur, les cadres de gouvernance existants n'ont pas été conçus en fonction de l'IA. Étant donné que le contexte de l'IA évolue plus rapidement que les politiques, de nombreuses équipes se retrouvent chaque jour dans des situations où elles doivent prendre des décisions sans directives claires ou propres à leur cas d'utilisation. Pour combler cette lacune, l'Institut Vecteur recommande d'établir des directives claires, fondées sur des principes et alignées sur les valeurs de l'organisation, ainsi que de former les employés à appliquer ces principes dans des situations réelles. À ces efforts devraient s'ajouter les travaux à plus long terme nécessaires pour actualiser les cadres de gouvernance afin de les rendre prêts pour l'IA.



      L'intégration limitée de l'IA peut nuire au rendement du capital investi de l'organisation


      Bien que 93 % des organisations déclarent utiliser l'IA dans une certaine mesure, la plupart d'entre elles sont encore loin d'un déploiement complet. Seulement 31 % ont dépassé le stade des démonstrations de faisabilité et des projets pilotes et ont mis en œuvre cette technologie dans l'ensemble de leurs opérations de base. Les autres organisations en sont encore aux premières étapes : 32 % ont déployé l'IA partiellement dans certains flux de travaux et 20 % procèdent à des tests ou à des projets pilotes.

      Les organisations continuent de signaler que l'IA générative n'a pas encore produit des résultats mesurables, une constatation qui reflète l'état actuel du déploiement. Comme la plupart d'entre elles en sont encore au stade de projet pilote ou de déploiement partiel, elles n'ont pas encore atteint les conditions nécessaires à une véritable génération de valeur. Seulement 2 % des répondants ont déclaré que leur organisation tirait un rendement de ses investissements dans l'IA générative. Parmi ceux-ci, plus de la moitié (57 %) ont qualifié ce rendement de modeste (entre 5 et 20 %), tandis que près d'un tiers (31 %) n'ont pas été en mesure de le quantifier du tout.

      Derrière ces modestes rendements se cache un défi commun : de nombreuses organisations sont encore confrontées à des obstacles fondamentaux qui nuisent à l'accroissement de l'utilisation de l'IA au sein de l'entreprise. Les anciens systèmes, les données cloisonnées et les indicateurs de réussite flous empêchent souvent l'intégration de l'IA à l'échelle de l'organisation.  

      Une faible intégration de l'IA peut également refléter un manque de stratégie claire quant à la sélection des bons cas d'utilisation. Les organisations ne devraient pas sous-estimer les efforts nécessaires pour sélectionner, peaufiner et faire évoluer leurs cas d'utilisation, et il leur incombe de s'assurer qu'elles créent des résultats tangibles tant pour elles que pour leurs employés. Si les outils d'IA répondent à des irritants réels et facilitent les tâches quotidiennes, les employés sont beaucoup plus susceptibles de les adopter, de s'adapter et de maintenir leur utilisation.

      Un autre facteur qui contribue au faible rendement du capital investi pourrait être la tendance à ajouter l'IA aux processus existants plutôt que de reconcevoir les flux de travail pour tirer pleinement parti de cette technologie. L'intégration de l'IA dans les flux de travail existants peut entraîner des améliorations progressives, mais la plus grande valeur provient de processus optimisés par l'IA où les tâches, les décisions et les systèmes sont repensés pour tirer parti de toutes les capacités de cette technologie.  



      Il faut faire preuve d'audace pour concrétiser la promesse de l'IA et en tirer le meilleur parti


      À l'heure actuelle, seule une petite proportion des organisations canadiennes dégage des rendements mesurables de leurs investissements en IA. Cette tendance est compréhensible, car l'adoption des nouvelles technologies et la génération de résultats prennent du temps. Toutefois, le Canada fait face à des pressions à court terme relatives à la concurrence et à la productivité, et il n'est plus viable d'attendre des années avant que les investissements dans l'IA portent leurs fruits. Pour demeurer concurrentielles, les organisations doivent d'abord renforcer les bases de l'IA. Pour cela, il faut notamment développer les connaissances de la main-d'œuvre et établir des mécanismes de gouvernance solides qui garantissent une utilisation responsable. Ces capacités sont essentielles pour susciter la confiance nécessaire à un déploiement responsable.  

      Pour tirer pleinement parti de l'IA, les organisations ont également besoin de cadres clairs qui mesurent non seulement les résultats financiers, mais aussi les gains stratégiques, opérationnels et de capacité. Associés à une gouvernance et à une responsabilisation solides, ces cadres aident à traduire les ambitions en matière d'IA en retombées mesurables.

      Les chefs d'entreprise canadiens ne se demandent plus s'ils doivent investir dans l'IA, mais plutôt comment l'adopter et la développer de façon responsable et efficace. Leur réussite dépendra non seulement de la technologie, mais aussi des personnes et des processus qui favorisent la création de valeur au moyen de l'IA. Lorsque ces bases sont établies, les organisations sont bien mieux placées pour accélérer le déploiement, intégrer l'IA dans leurs fonctions principales et générer une valeur mesurable.


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