Certaines organisations qui mettent en œuvre des programmes de gestion des urgences, ou de résilience et de gestion des risques peuvent penser qu’elles sont bien préparées pour réagir en cas de désastre.
Malheureusement, la capacité générale des programmes de gestion des urgences des secteurs public et privé a eu de la difficulté à suivre le rythme de la demande croissante du contexte actuel. De grandes communautés et d’importantes entités du secteur privé se sont peut-être dotées de plans d’intervention, mais pour la grande majorité des autres, les mesures à prendre en cas d’urgence n’ont pas été adéquatement planifiées, priorisées et logistiquement organisées. Cela dit, quand une catastrophe frappe, même celles qui sont préparées peuvent être rapidement dépassées.
Pensons aux ressources qu’il a fallu déployer lors des récentes catastrophes comme les feux incontrôlés de Fort McMurray en Alberta en 2016, ceux de la Colombie-Britannique en 2017-2018, les inondations au Québec en 2017, les feux de forêt qui ont détruit la ville de Lytton en Colombie-Britannique en 2021, les réponses diversifiées du Canada à la pandémie de COVID-19 à partir de 2020, la rivière atmosphérique et l’inondation subséquente de la vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique en 2021, le dôme de chaleur qui a sévi dans l’Ouest en 2021 et qui a causé 676 décès en Colombie-Britannique et en Alberta, ainsi que les incendies forestiers un peu partout au Canada en 2023; les pires de toute l’histoire du pays, puisqu’environ 18,5 millions d’hectares sont partis en fumée (soit environ le double de la taille du Portugal). Ces circonstances ont exigé des interventions massives, notamment des évacuations, l’installation d’abris provisoires, la distribution de nourriture, un travail de nettoyage, des communications, la réparation d’infrastructures, la mise en place d’une aide financière et d’autres fonctions logistiques spécialisées.
Ces événements exigent d’excellentes connaissances en approvisionnement et en gestion de contrats, une capacité en gestion logistique et bonne coordination de la chaîne d’approvisionnement – tout cela simultanément et pendant des semaines, voire davantage. Même si le plan d’intervention semble sensé sur papier, les communautés et même les équipes provinciales doivent souvent déployer leurs groupes rapidement et en nombre adéquat au moment où ça compte le plus et, dans bien des cas, elles n’ont pas la capacité de le faire.
Elles ont beau savoir quoi faire, elles n’ont pas nécessairement la main-d’œuvre ou l’expertise requise pour gérer toute l’étendue des ressources et des problèmes logistiques en cas d’incident. Les organisations pourraient alors devoir demander à des employés en place ne comptant qu’une expérience minimale en gestion d’urgences de délaisser leur rôle habituel pour répondre aux situations d’urgence. Cela peut influencer la qualité et la durabilité de la réponse au désastre et des efforts auxquels ce personnel aurait normalement contribué.