Il est essentiel d’avoir des plans et des procédures opérationnelles normalisées sur lesquels les gestionnaires des mesures d’urgence peuvent se fier le moment venu. Si ces documents ne sont pas utiles en situation de crise, l’incertitude concernant la capacité d’un gouvernement ou d’une entreprise à réagir en cas de catastrophe persistera et les efforts de reprise des activités pourraient devenir plus laborieux, plus complexes et plus coûteux, et surtout, avoir des répercussions plus grandes sur les personnes qu’ils sont censés aider. Les plans considérés comme utiles sont conçus de façon à répondre aux besoins uniques de l’organisation et de son personnel. Ils sont testés et validés, et doivent être constamment améliorés.
Les feux de forêt sans précédent de 2023 ont mis à l’épreuve l’état de préparation de nombre de territoires de compétence et de communautés du Canada, les forçant à dépoussiérer leur documentation pour appuyer les activités de gestion des urgences. Cela a permis d’obtenir de précieux renseignements, aidant les professionnels en gestion des urgences à mieux comprendre les types de documents qui sont utiles et ceux qui ne le sont pas dans les moments cruciaux. Les entités qui ont été forcées de tester la valeur de leurs plans et de leurs stratégies ont maintenant l’occasion de mettre ces expériences et ces renseignements à profit pour actualiser leur planification. Elles peuvent ainsi mieux se préparer en vue de la prochaine urgence en établissant des plans et des stratégies exploitables qui se traduiront par une intervention plus efficace.
La nécessité d’évaluer votre programme de gestion des urgences de cette manière peut vous sembler évidente, mais les organisations n’ont souvent pas la capacité ni les ressources pour analyser les événements et modifier leur programme en conséquence. Malgré tout, elles doivent déterminer le degré de maturité de leur programme, ce qui inclut tous les documents qui en font partie. Elles doivent également identifier les phases et les fonctions qui exigent une attention particulière pour améliorer leurs capacités et leur état de préparation à l’aide de certaines questions, par exemple :
- Disposez-vous des plans, du personnel et des outils nécessaires pour soutenir l’intégralité des activités de votre centre des opérations d’urgence et intervenir efficacement dans toutes les situations à risque élevé?
- Avez-vous vraiment pris en compte toutes les fonctions d’intervention et de reprise des activités, le personnel est-il formé pour ces responsabilités?
- Vos procédures opérationnelles normalisées définissent-elles clairement les responsabilités à l’égard des différents types de décisions, et avez-vous testé ces procédures dans divers scénarios?
- Vos plans tiennent-ils compte du besoin d’intensification de la capacité s’il y a lieu? Pouvez-vous réagir rapidement et maintenir votre centre des opérations d’urgence en activité, même si les employés clés ne sont pas disponibles ou sont dépassés lors d’une catastrophe?
Les professionnels en gestion des urgences ont le rôle essentiel de devoir anticiper les difficultés et de trouver comment y faire face de manière ciblée et réfléchie. Dans certains cas, ils le feront en réponse à un événement récent, dans d’autres, en constatant l’incidence d’un événement subi par des régions voisines. D’une façon ou d’une autre, la nécessité d’être résilient face à notre monde en mutation force les firmes de gestion des urgences à évaluer de façon objective leur degré actuel de préparation et à se concentrer avec diligence sur l’amélioration continue et un meilleur état de préparation. Par conséquent, elles doivent concevoir des plans souples, applicables dans une grande variété de situations dangereuses, et pratiques dans le monde d’aujourd’hui.