Par définition, la fraude est un acte de tromperie pour obtenir un gain financier ou personnel. Elle peut être exécutée à l’externe par des cybercriminels de partout dans le monde, ou à l’interne par des membres du personnel qui cherchent à tirer profit de leur accès.
En outre, à l’ère actuelle des monnaies numériques, des communications virtuelles et de l’IA générative, la fraude peut prendre des formes de plus en plus trompeuses.
Prenons pour exemple la fraude liée aux cryptoactifs dans le cadre de laquelle des cybercriminels attirent des victimes trop confiantes vers de faux investissements (arnaque sentimentale, escroquerie où l’arnaqueur disparaît avec l’argent de la victime [« rug pull »], dépeçage de porc, etc.). En 2023 seulement, les cybercriminels ont touché 24,2 milliards de dollars américains par l’intermédiaire de fraudes liées aux cryptoactifs*. Ces attaques laissent aux victimes peu ou pas de recours pour recouvrer leurs pertes.
L’époque de la fraude par chèque tire à sa fin puisque de moins en moins de personnes en utilisent. Néanmoins, les fraudes liées aux achats en ligne (prise de contrôle de compte en ligne, vol de données, rétrofacturation frauduleuse, etc.), le piratage psychologique (hameçonnage, chasse à la baleine, fraude auprès des aînés, piège à miel, etc.), les attaques de l’homme du milieu (vol de données personnelles et financières) et d’autres escroqueries plus sophistiquées comblent le vide laissé par la disparition de la fraude par chèque.
La fraude environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) constitue un autre sujet de préoccupation majeur. Elle se produit lorsqu’une entreprise embellit ses activités et ses résultats ESG afin de satisfaire diverses parties prenantes, notamment les investisseurs, les clients, les partenaires et les organismes de réglementation. On la qualifie parfois d’écoblanchiment. Un exemple de fraude ESG est la désinformation sur les émissions de gaz à effet de serre. Ce type de déclarations fausses ou trompeuses peut entraîner de graves atteintes à la réputation et des pertes financières. Il existe d’autres types de fraudes liées aux facteurs ESG, comme les pots-de-vin et la corruption, le blanchiment d’argent ainsi que d’autres activités peu éthiques.
Si elles ne sont pas gérées adéquatement, les pressions croissantes exercées sur les entreprises pour qu’elles répondent aux attentes des parties prenantes et aux exigences réglementaires peuvent mener par inadvertance à de la fraude ESG. Évidemment, cela peut avoir un effet dommageable et porter atteinte à la confiance des clients, des partenaires du secteur, des organismes de réglementation et du grand public.
Avec l’avènement de nouveaux règlements au Canada, comme la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement, il est essentiel que les entreprises évaluent adéquatement les risques liés à leurs activités, dont l’approvisionnement dans les zones de conflit, et mettent en œuvre des contrôles internes ainsi que des programmes rigoureux de lutte contre la fraude. Ces mesures assurent la fiabilité des renseignements et des rapports ESG et peuvent contribuer à contrer d’autres types de fraude ESG.