Texte initialement publié dans Talent Canada. Contribution de Rob Davis et Julie Cafley.
Le racisme est une triste vérité dans la société canadienne, et le milieu de travail n’y est pas à l’abri.
Selon une étude récente de KPMG menée auprès de 1 000 professionnels canadiens qui s’identifient comme Noirs, 81 % d’entre eux ont subi une forme quelconque de racisme ou des microagressions au travail au cours de la dernière année seulement. Nous savons aussi que le racisme en milieu de travail est un phénomène qui se recoupe au genre, puisque cette étude a révélé que le nombre de femmes noires canadiennes qui ont été victimes d’une forme quelconque de racisme ou de discrimination en milieu de travail a augmenté de 10 % par rapport à l’an dernier (comparativement à 7 % pour les hommes noirs).
Le racisme en milieu de travail peut provenir de toutes les directions – pairs, patrons et clients – et prendre de nombreuses formes, de l’exclusion d’une promotion et d’occasions d’avancement professionnel à une paie inférieure, en passant par les insultes, qu’elles soient subtiles ou évidentes, les stéréotypes et les propos dérisoires sur l’apparence physique, l’habillement et la nourriture.
Puisque tant de personnes marginalisées en raison de leur origine ethnique ou raciale sont victimes de racisme au travail, elles finissent par s’y en attendre. On appelle cela la « charge émotionnelle », soit le fait d’être « aux aguets contre les préjugés » liés à l’origine raciale ou ethnique. Nous devons travailler à éliminer cette charge émotionnelle.
Beaucoup plus de femmes noires que d’hommes – un écart de 8 points de pourcentage – croient que la direction de leur entreprise les stigmatisent pour avoir signalé des incidents de racisme. Bien qu’environ les deux tiers des femmes affirment que leur employeur a un programme de formation sur l’alliance inclusive, 81 % des hommes déclarent avoir un tel programme au travail, un pourcentage bien plus élevé. De plus, moins de femmes que d’hommes ont le sentiment de pouvoir être soi-même au travail et qu’un noyau d’alliés est prêt à défendre leur cause.
Les organisations influent grandement sur le tissu social dans l’ensemble du Canada. Elles doivent non seulement « accélérer le rythme », thème de la Journée internationale des femmes de cette année, mais aussi comprendre comment accroître leurs efforts pour lutter contre la montée du racisme et créer un milieu de travail sécuritaire et inclusif pour tout le monde.
L’alliance inclusive doit être sincère et appuyée par des politiques et des mesures. Il s’agit d’un parcours que nous devons entreprendre ensemble.