L’itinérance existe depuis longtemps, mais son ampleur et sa visibilité croissantes soulignent désormais l’impératif d’agir partout au Canada. Ce problème s’est aggravé au fil des décennies de sous-investissement dans le logement. Or, au cours des dernières années, la crise s’est intensifiée, au point de se retrouver au centre des préoccupations de nombreux Canadiens. L’itinérance a des répercussions dévastatrices sur les personnes, les familles, les entreprises, les communautés et les systèmes de services. Plus que jamais, les gouvernements et les communautés doivent collaborer pour trouver des solutions fondées sur des données probantes et des politiques solides. Il s’agit d’un enjeu problématique où un conseiller comme KPMG peut aider à tracer la voie à suivre vers un objectif commun.
Une situation urgente et complexe
Au cours des dernières années, plusieurs conditions ont exacerbé la crise de l’itinérance au Canada. La pandémie de COVID-19, l’inflation, les perturbations économiques et les pénuries de logements ont exercé une pression croissante sur les services sociaux et les marchés locatifs. Les campements sont devenus un énorme problème dans certaines villes canadiennes, et pas seulement dans les plus grandes. Les questions de désordre social et de sécurité liées aux campements et à l’itinérance de rue suscitent l’inquiétude de la population. Il n’existe pas de « solutions miracles » et des communautés de partout au pays sont aux prises avec une population d’itinérants croissante et de plus en plus visible.
Nous savons depuis des décennies que le remède à l’itinérance est, tout simplement, le logement. L’approche « Logement d’abord » est une méthode fondée sur des données probantes qui aide les gens à accéder à un logement abordable et aux services dont ils ont besoin pour garder leur logement. Et cette approche fonctionne. Le problème, c’est qu’il y a trop peu de logements abordables et de services disponibles pour répondre à la demande. La Stratégie nationale sur le logement du Canada et les initiatives locales font d’importants progrès. Toutefois, ces engagements n’ont pas permis d’obtenir le parc de logements, le financement et le soutien aussi rapidement que souhaité. Cela signifie une pression continue et croissante sur les services d’urgence et les systèmes d’hébergement qui ne peuvent que réagir à la crise, et non la résoudre.
Une intervention coordonnée
Les systèmes fragmentés et la stigmatisation persistante entourant l’itinérance marginalisent les personnes touchées et créent des obstacles à l’accès. Bien que l’itinérance de rue et les campements soient souvent associés à la criminalité et au désordre, la situation est plus complexe et multidimensionnelle. Il est clair qu’il faut adopter une approche qui va au-delà des préjugés et qui réunit les systèmes fragmentés existants pour une intervention plus cohérente. Voici un aperçu des occasions et des défis qui se présentent aux différents ordres de gouvernement :
Le gouvernement fédéral a réservé des fonds supplémentaires dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement afin d’aborder les enjeux d’offre de logements et de coordonner les solutions à la crise de l’itinérance dans tout le pays. Toutefois, la construction rapide de nouveaux logements abordables et fortement subventionnés reste problématique.
Les provinces sont les principales responsables du logement, ainsi que de nombreux services de soutien nécessaires. Cependant, ces systèmes – notamment les hôpitaux, les refuges, le système judiciaire, les services de santé mentale et le soutien du revenu – fonctionnent rarement de manière coordonnée et accordent peu d’importance à la prévention.
Les municipalités sont en première ligne pour gérer les campements, encourager la construction de nouveaux logements et répondre aux besoins des particuliers et des familles en situation d’itinérance. Les municipalités ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour augmenter l’offre de logements ni des leviers requis pour assurer une coordination efficace entre l’ensemble des systèmes. Les services en santé mentale, en traitement des dépendances, en soutien comportemental et les autres ressources spécialisées sont essentiels pour répondre aux traumatismes et aux besoins complexes des personnes en situation d’itinérance chronique. Toutefois, les services locaux ne disposent souvent pas des outils ni de la capacité nécessaires pour répondre à ces besoins. Une stratégie d’intervention qui s’appuie sur les agents de réglementation, les gardiens de parc, la police, les pompiers et les services médicaux d’urgence est non seulement coûteuse, mais peut aussi perturber davantage les vies et les services, sans s’attaquer au problème sous-jacent : en général, les personnes reçoivent une contravention, ou qui sont arrêtées, hospitalisées ou déplacées, n’ont toujours pas d’endroit sûr où vivre.
Au niveau communautaire, les mesures de soutien sont souvent disparates. La planification locale s’est améliorée, et les communautés ont les forces et les compétences nécessaires pour aider les gens à se trouver un logement de façon permanente. Cependant, elles font face à des défis importants en matière de coordination et de capacité. Les systèmes d’urgence (police, justice, services médicaux d’urgence, pompiers, hôpitaux) font face à d’énormes pressions en matière de coûts et de capacité en raison de l’itinérance. Par exemple, une étude récente[1] sur les en 2021 et en 2022 a montré que les coûts moyens sur une année pour les participants qui sont en situation d’itinérance étaient près de sept fois plus élevés que pour les participants qui ont un logement.
De plus, les systèmes d’urgence ont peu de capacité à travailler en amont et à aider à résoudre les problèmes plus larges qui ont contribué à la crise de l’itinérance. En conséquence, les personnes en crise finissent par se servir de ces systèmes comme « dernier recours » parce que les autres services les ont laissées tomber.
Tous ces systèmes, bien sûr, subissent d’énormes pressions en matière de coûts et de capacité en raison de l’itinérance.
Gérer les entrées et sorties de l’itinérance
L’ajout de logements coûte cher et prend du temps, mais les municipalités ont peu d’options. Un programme d’hébergement mandaté par la province peut constituer une solution de rechange efficace, mais il faut en faire plus pour que les gens puissent quitter les refuges et se loger dans des logements sociaux. Les données récentes sur la capacité d’hébergement au Canada sont éloquentes : en 2024, le Canada comptait 22 379 lits dans des refuges d’urgence, mais seulement 11 303 dans des logements de transition.2 L’ajout de logements de transition jouerait un rôle important pour faire en sorte que toutes les personnes dans les refuges d’urgence puissent éventuellement sortir de l’itinérance et trouver un logement abordable.
Les meilleures solutions sont souvent dirigées par la communauté et planifiées au niveau local. Toutefois, une intervention efficace peut mettre à contribution divers établissements, qu’il s’agisse d’établissements correctionnels, de soins de santé, de services de traitement, de logement social ou de soutien du revenu. S’il est déjà assez difficile de gérer une partie du casse-tête, la fragmentation et les priorités concurrentes peuvent faire en sorte que des problèmes connexes sont mis de côté. Souvent, des groupes communautaires bien intentionnés ne parviennent pas à utiliser les leviers nécessaires pour surmonter la fragmentation et favoriser le changement. La coordination entre les systèmes est essentielle : aucun intervenant ne peut à lui seul résoudre le problème de l’itinérance.
Par exemple, un récent report fondé sur l’Enquête canadienne sur le logement de 2022 montre que de nombreuses personnes ont recours à de multiples mesures de soutien lorsqu’elles sortent de l’itinérance.3 Bien que les facteurs financiers aient joué le plus grand rôle, d’autres facteurs (p. ex., l’accès aux services sociaux, l’aide d’une agence de logement, l’obtention d’un emploi ou une formation axée sur les compétences de base) ont aidé près de la moitié des personnes en situation d’itinérance à s’en sortir.
Faute de financement, les décideurs peuvent avoir l’impression d’avoir les mains liées. Toutefois, les conséquences de l’inaction peuvent être plus coûteuses que d’investir dans le logement et la prévention de l’itinérance, comme le montrent les données suivantes :
En 2021, plus de 16 % des personnes admises dans les établissements correctionnels de l’Ontario (en anglais) étaient en situation d’itinérance.4
Par rapport à la moyenne nationale, la durée du séjour à l’hôpital des patients en situation d’itinérance était presque deux fois plus longue (15,4 jours), et le coût moyen estimé de ce séjour était plus de deux fois plus élevé (16 800 $ contre 7 800 $).5
En 2015, la durée moyenne de séjour dans les refuges était de 38,7 jours. En 2022, ce chiffre est passé à 56,1 jours.6
En 2024, le coût moyen d’une seule nuit dans un refuge de Toronto (en anglais) était de 136 $, tandis que le loyer moyen national pour un appartement social ou abordable d’une chambre à coucher n’était que de 651 $.7,8
Découvrez comment le savoir-faire de KPMG peut vous aider, vous et votre entreprise.
Nous pouvons être utiles
Les besoins, les ressources et les relations de chaque communauté sont différents lorsqu’il s’agit de mettre fin à l’itinérance. Mais chaque communauté a besoin d’un moyen ciblé et efficace pour atténuer la crise. KPMG peut contribuer à l’élaboration d’une solution intentionnelle et coordonnée qui rassemble diverses parties prenantes, dont les gouvernements, les organismes communautaires, les services d’urgence, les intervenants du secteur du logement, les partenaires autochtones, les personnes ayant vécu en situation d’itinérance et d’autres. Grâce à l’étendue et à la profondeur de notre savoir-faire, nous aidons à harmoniser les objectifs, les politiques, les programmes et le financement. Par exemple, en nous appuyant sur les pratiques exemplaires au Canada et à l’échelle mondiale, nous pouvons diagnostiquer les problèmes et les occasions à l’échelle locale en utilisant des outils comme l’évaluation de la maturité. Nous mettons à la disposition des communautés une multitude d’outils, de données probantes et d’expériences pour les aider à rassembler leurs efforts et à améliorer les différents aspects de leurs solutions à l’itinérance. Il peut s’agir de stratégies et de partenariats qui s’éloignent des solutions provisoires pour se concentrer sur la prévention de l’itinérance.
Au lieu de constamment réagir à la même crise, les dirigeants locaux pourraient, avec notre aide, établir des liens entre les éléments afin de réaliser des progrès significatifs en matière de logement et d’itinérance. Notre approche est centrée sur six éléments essentiels pour diriger les mesures d’intervention locales :
Pour régler la question du logement et de l’itinérance, il faut une approche délibérée et coordonnée. Pour vous aider à renforcer vos mesures d’intervention, communiquez avec KPMG dès aujourd’hui.
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Au lieu de constamment réagir à la même crise, les dirigeants locaux pourraient, avec notre aide, établir des liens entre les éléments afin de réaliser des progrès significatifs en matière de logement et d’itinérance. Notre approche est centrée sur six éléments essentiels pour diriger les mesures d’intervention locales :
Pour régler la question du logement et de l’itinérance, il faut une approche délibérée et coordonnée. Pour vous aider à renforcer vos mesures d’intervention, communiquez avec KPMG dès aujourd’hui.
Communiquez avec nous
- Disparities in healthcare costs of people experiencing homelessness in Toronto, Canada in the post COVID-19 pandemic era: a matched cohort study. Richard, L., Carter, B., Nisenbaum, R., Brown, M., Gabriel, M., Stewart, S., & Hwang, S. W. (2024). BMC Health Services Research, 24(1), 1074.
- Capacité d’hébergement en matière d’itinérance au Canada de 2016 à 2024, Logement, Infrastructures et Collectivités Canada (LICC). Du Canada Statistique Canada, G. (2025, October 22).
- Sortir de l’itinérance : examen des facteurs contribuant à la récupération et à la conservation d’un logement. Du Canada Statistique Canada, G. (2025a, February 12).
- Locked Up. Locked Out. The Revolving door of homelessness and Ontario’s justice system. Tasca, J., Ahmadi, R., Husein, S., & McNeil, J. (2024). John Howard Society Ontario.
- Les données hospitalières permettent d’en savoir plus sur les patients en situation d’itinérance | ICIS. (n.d.). Institut Canadien D’information Sur La Santé (ICIS).
- Logement, Infrastructures et Collectivités Canada - Instantané de données sur l’itinérance : Le point sur l’Étude nationale sur les refuges 2022. Logement, I. E. C. C. (2024, February 26).
- Audit of Toronto Shelter and Support Services – Warming Centres and Winter Respite Sites. Anderson, T. (2025). Auditor General | Toronto.
- Enquête sur les logements locatifs sociaux et abordables, tableaux. (2025).