error
Tant que vous êtes connecté à votre compte actuel, vous ne pourrez pas vous souscrire un abonnement sur ce site.
close
Skip to main content

      Partout dans le monde, les gouvernements réévaluent les fondements de leur infrastructure numérique. L’intelligence artificielle, les services infonuagiques hybrides et la multiplication des cybermenaces ont transformé les attentes à l’égard des réseaux gouvernementaux. En effet, ce qui relevait autrefois de la technologie d'arrière-plan joue désormais un rôle central dans la prestation et la protection des services publics.

      Pour le Canada, la modernisation des réseaux du gouvernement fédéral n’est plus seulement une mise à niveau technique. Il s’agit d’une décision stratégique qui touche la souveraineté nationale, la fiabilité des services et la confiance du public. La façon dont les réseaux gouvernementaux sont conçus aujourd’hui détermine la sécurité avec laquelle les données sont traitées, la résilience des services en période de perturbation et le degré de contrôle que le Canada conserve sur ses systèmes numériques.

      En termes simples, le réseau n’est plus seulement de la « tuyauterie ». Aujourd’hui, il est une plateforme qui contribue à la souveraineté, à la résilience et à l’innovation dans l'ensemble du gouvernement.


      Leigh Harris

      Associée, Services-conseils – Management, Associée leader, Administration fédérale

      Montreal

      KPMG Canada

      De l’efficience à l’exposition aux risques


      Auparavant, les environnements de réseau à fournisseur unique étaient souvent considérés comme l’option la plus simple et la plus économique. Aujourd’hui, ils créent de nouveaux risques structurels. Une dépendance trop grande envers un seul fournisseur peut concentrer l’exposition aux risques. Un seul point de vulnérabilité, une perturbation de la chaîne d’approvisionnement ou une modification des prix peut avoir des répercussions sur l’ensemble du système.

      À l’échelle mondiale, les organisations du secteur public se tournent vers des architectures à fournisseurs multiples fondées sur des normes. Cette approche permet de répartir les risques et donne aux gouvernements un plus grand contrôle sur l’évolution de leurs systèmes. Pour le Canada, elle met également de l'avant des priorités plus larges, comme la résilience des chaînes d’approvisionnement, la protection des infrastructures essentielles et la réduction de la dépendance envers des intervenants externes.

      L'architecture est le pilier de la souveraineté.


      La souveraineté dès la conception


      La souveraineté désigne la « liberté à l’égard de tout contrôle extérieur » 1. Dans un contexte numérique, elle renvoie à la capacité du Canada de prendre ses propres décisions quant au fonctionnement de ses systèmes essentiels, à la protection de ses données et à la gestion des risques.

      La souveraineté numérique est un concept multidimensionnel qui englobe la souveraineté sur le plan technique, opérationnel, juridique et des données. Bien que ces dimensions soient distinctes, elles reposent sur une exigence commune : une gouvernance solide. Sans processus de gouvernance clairs, la souveraineté peut s’éroder au fil du temps.

      La souveraineté n’est pas absolue. En effet, elle s’inscrit plutôt dans un continuum. Au fur et à mesure que le Canada modernise l'environnement de ses centres de données, les décisions devront établir un équilibre entre les objectifs de souveraineté, les coûts, la complexité technique et les réalités opérationnelles. Certains systèmes pourraient exiger la prise en compte de tous les enjeux de souveraineté, tandis que d’autres pourraient nécessiter un niveau moindre de prise en compte.

      Fait important, la souveraineté des données ne se limite pas au lieu où les données sont stockées. Elle concerne aussi la façon dont l’infrastructure est conçue, exploitée et gouvernée. Dans le cadre de son parcours de modernisation des centres de données, le Canada devrait envisager les mesures suivantes :

      • élaborer des architectures techniques hybrides qui imposent des exigences de souveraineté pour les données à risque élevé;
      • favoriser le perfectionnement actif des employés relativement aux nouvelles tendances en matière de technologies de centres de données, d’IA et de souveraineté;
      • réaliser des évaluations de la chaîne d’approvisionnement du point de vue de la souveraineté;
      • gérer les contrats de manière à faire respecter les exigences de souveraineté;
      • intégrer la cybersécurité dès la conception, la protection de la vie privée dès la conception et la cryptoagilité en prévision des menaces post-quantiques;
      • assurer une gouvernance continue afin de maintenir les objectifs en matière de souveraineté dans le temps.

      La souveraineté ne découle pas d’une seule décision relative à l'architecture ou aux politiques. Elle exige une intention soutenue, des compromis éclairés et une gouvernance rigoureuse au fil du temps.

      Alors que le Canada se prépare à un avenir axé sur l’IA, la réussite de ses initiatives dépendra de sa capacité à traiter la souveraineté comme un principe de conception intégré aux technologies, aux activités, aux contrats et aux personnes, et non comme une contrainte appliquée après la construction des systèmes.

      En harmonisant des architectures techniques fondées sur les risques avec les capacités de la main-d’œuvre, l’assurance de la chaîne d’approvisionnement et une gouvernance durable, le Canada peut prendre des décisions en matière de souveraineté qui sont fondées sur la réalité et défendables. Cette approche lui permet de protéger ses données les plus sensibles tout en demeurant agile, novateur et responsable sur le plan financier. Ainsi, la souveraineté devient le fondement d’une infrastructure numérique digne de confiance et résiliente, plutôt qu’un obstacle à la modernisation.


      Le réseau en tant que plateforme stratégique


      La modernisation ne vise pas uniquement à réduire les risques, mais également à favoriser l'innovation. Les charges de travail liées à l’IA, l’analytique en temps réel et les environnements infonuagiques hybrides exigent des réseaux rapides, souples et programmables.

      De nombreux réseaux existants n’ont pas été conçus pour répondre à ces besoins. Un réseau du gouvernement fédéral moderne doit pouvoir :

      • prendre en charge une infrastructure prête pour l’IA;
      • permettre l’intégration d’environnements hybrides et à nuages multiples;
      • fournir des capacités de télémétrie et d’observabilité en temps réel;
      • soutenir l’automatisation et l’infrastructure en tant que code;
      • respecter les principes misant sur la vérification systématique.

      Lorsque le réseau devient programmable et observable, il dépasse la simple transmission des données. L’automatisation réduit les risques, et la visibilité en temps réel améliore la prise de décisions. Ensemble, ces capacités favorisent une prestation de services plus rapide et plus sécuritaire à la population canadienne.


      Cohésion opérationnelle et résilience


      Le recours à plusieurs fournisseurs n’accroît pas la complexité si le modèle opérationnel est modernisé. La réussite repose sur l’abstraction, l’automatisation et la gouvernance.

      Des outils de surveillance unifiés, des processus indépendants des fournisseurs et une gestion rigoureuse des changements permettent aux exploitants de gérer les résultats plutôt que la syntaxe des appareils. En normalisant l’application des politiques et en automatisant les flux de travail entre les systèmes, les équipes du gouvernement fédéral peuvent coordonner les changements avec confiance entre les ministères et les centres de données.

      La diversité au niveau du matériel devient alors une force. Elle réduit le risque de défaillance généralisée, tout en préservant la précision opérationnelle. Dans le contexte du gouvernement fédéral, cette approche favorise la continuité des services publics essentiels et renforce l’importance de la coordination des opérations et d’une gouvernance rigoureuse.


      Intelligence et préparation pour l’avenir


      Les réseaux modernes génèrent des données opérationnelles détaillées qui soutiennent l’analyse prédictive, la détection des anomalies et la planification de la capacité. Combinée à l’analyse fondée sur l’IA, cette visibilité permet aux équipes opérationnelles de passer d’une réponse réactive à une gestion proactive.

      Les architectures prêtes pour l’avenir doivent également anticiper les risques quantiques. Elles doivent notamment tenir compte de l’évolution des cybermenaces, des changements réglementaires et de modèles d'informatique de plus en plus distribuée. Les conceptions modulaires et programmables permettent une adaptation sans nécessiter une refonte complète.

      La durée de vie de l’infrastructure numérique se raccourcit. Les réseaux doivent prévoir le changement.


      Un choix stratégique


      L’évolution du réseau des centres de données du Canada est, en définitive, un choix stratégique quant à la façon dont le gouvernement numérique fonctionnera dans un environnement mondial de plus en plus volatil.

      Une plateforme de réseau souveraine, à fournisseurs multiples et compatible avec l’IA offre les avantages suivants :

      • une réduction du risque systémique;
      • un pouvoir d’achat et de négociation accru;
      • une meilleure protection des données;
      • une résilience renforcée;
      • une capacité d’innovation accélérée.

      Le réseau est le fondement de l’avenir numérique du Canada. 


      Il faut agir dès maintenant


      Les ambitions numériques du Canada exigent une infrastructure souveraine dès la conception et stratégique dans sa mise en œuvre. L’architecture du réseau doit être traitée comme une composante essentielle de la gestion des risques d’entreprise et de la planification de la modernisation.

      Les dirigeants du gouvernement fédéral devraient se poser les questions suivantes :

      • Notre architecture respecte-t-elle nos objectifs en matière de souveraineté et de résilience?
      • Peut-elle soutenir la mise à l’échelle de l’IA et l’agilité des environnements hybrides?
      • Disposons-nous de la maturité nécessaire en matière de gouvernance et d’automatisation pour la maintenir dans le temps?

      Si votre organisation amorce sa prochaine phase de modernisation, le moment est venu de définir les principes architecturaux qui façonneront les dix prochaines années.

      Pour discuter de votre stratégie et de vos priorités de modernisation des réseaux, communiquez avec Leigh Harris, associée, Administration fédérale, KPMG au Canada. 


      1 “Sovereignty.” Merriam-Webster.com Dictionary, Merriam-Webster, 2026


      Communiquez avec nous

      La différence KPMG.

      Nous sommes là pour aider votre organisation à prospérer.

      building