Bien que le récent discours public sur l’édification de la nation ait insisté sur les mégaprojets d’infrastructure, la modernisation de l’infrastructure numérique du Canada représente également une priorité émergente. Selon de nouvelles recherches, près des deux tiers des chefs d’entreprise souhaitent qu’on accélère la modernisation du système de paiements et la mise en place d’un système bancaire ouvert au Canada afin de stimuler la productivité et la compétitivité.
Dans un récent sondage mené par KPMG au Canada auprès de 250 chefs d’entreprise de partout au pays, 65 % des répondants ont indiqué que l’infrastructure sous-jacente au système financier et de paiements du Canada doit être modernisée immédiatement pour permettre le déploiement d’un système bancaire ouvert, de l’identité numérique et d’un système de paiements en temps réel (PTR). Près de six répondants sur dix (58 %) croient que la compétitivité du Canada continuera de s’éroder sans modernisation des paiements.
« Notre pays est en pleine guerre commerciale, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous protéger des menaces économiques extérieures. Nous avons l’occasion de renforcer notre position concurrentielle en modernisant l’un de nos plus grands secteurs d’activité, celui des services financiers.Les avancées en matière d’infrastructure numérique, comme le système de paiement en temps réel et le système bancaire ouvert, favoriseront la concurrence, l’innovation, l’inclusion financière et stimuleront la croissance et les investissements au Canada. Nous devons saisir cette occasion maintenant, sinon nous allons prendre du retard », affirme Geoff Rush, associé et leader national, Services financiers, KPMG au Canada.
Le Canada travaille à la mise au point d’un système de PTR, une infrastructure nationale de paiement qui permettra aux Canadiens d’envoyer et de recevoir des paiements en temps réel et qui rendra possibles la compensation et le règlement instantanés des paiements entre les institutions financières. Le Canada prévoit également de mettre en œuvre un système bancaire ouvert (ou un système bancaire axé sur les consommateurs), grâce auquel les consommateurs partageront facilement leurs données financières avec des fournisseurs de services financiers tiers par l’entremise d’applications, ce qui leur permettra de contrôler leurs informations ainsi que d’obtenir un portrait global de leur situation financière dans plusieurs comptes au moyen d’un seul tableau de bord.
Les deux initiatives ont été retardées pendant des années, mais elles suscitent un nouveau sentiment d’urgence au moment où l’édification de la nation prend de l’ampleur. Le gouvernement fédéral veut lancer un cadre pour un système bancaire ouvert l’an prochain après l’adoption de la loi initiale en 2024, mais d’autres mesures législatives sont nécessaires pour un déploiement complet. La mise en place d’un système de paiement en temps réel devrait quant à elle être achevée en juillet, et une phase d’essai d’un an devrait suivre, selon Paiements Canada.
Selon M. Rush, le moment est bien choisi pour accélérer les deux projets, compte tenu des fortes pressions exercées par les gouvernements, les citoyens et les chefs d’entreprise pour stimuler la productivité, la compétitivité et l’autosuffisance économique du Canada.
« Notre sondage montre que 64 % des chefs d’entreprise conviennent que le système bancaire ouvert, les systèmes d’identité numérique et les systèmes de paiement en temps réel ne sont pas de simples mises à niveau, mais qu’ils sont le fondement d’une économie résiliente, concurrentielle et inclusive, de sorte qu’il est impératif que ces projets aillent de l’avant le plus rapidement possible », affirme M. Rush.
« Sans système de paiement en temps réel, le traitement des paiements peut prendre des jours, ce qui expose les organisations à des risques accrus de crédit, de liquidité, opérationnels et systémiques. Sans système bancaire ouvert, les consommateurs qui veulent interagir avec des technologies financières sont forcés de partager leurs données financières par le biais des captures d’écran, ce qui suscite de graves préoccupations en matière de confidentialité et les dissuade de s’inscrire aux services novateurs offerts par les technologies financières. Nous devons réduire ces risques et ces obstacles à la concurrence pour les entreprises et les consommateurs canadiens », affirme M. Rush.