Le contexte géopolitique a considérablement changé pendant la dernière année. Dans le secteur minier, de nouveaux risques et de nouvelles occasions se présentent et continueront d’évoluer dans un avenir prévisible.

Le secteur minier canadien bénéficie d’investissements massifs qui s’expliquent par les prix élevés des métaux précieux et la demande croissante de minéraux critiques. Tandis que les tensions géopolitiques s’intensifient, les gouvernements du monde entier encouragent les investissements dans l’exploitation minière et la sécurité des ressources, comme en témoigne le récent engagement des pays du G7 à investir 6,4 milliards de dollars dans 26 projets de minéraux critiques au Canada.

Pour un pays riche en ressources naturelles comme le Canada, le contexte géopolitique mondial actuel présente à la fois des risques et des occasions qui peuvent influencer les sociétés minières, les investisseurs et l’économie en général. Par exemple, des investissements accrus dans le secteur pourraient encourager l’activité et la consolidation du marché, mais aussi entraîner un affaiblissement du secteur à mesure que des acteurs étrangers achètent des actifs canadiens. Les occasions et les risques devront être soigneusement évalués.

Ci-dessous, les dirigeants du secteur minier de KPMG au Canada se penchent sur les cinq principaux risques géopolitiques auxquels le secteur minier canadien se heurte aujourd’hui. Fondé sur le récent rapport de KPMG International intitulé Top geopolitics risks 2025 (en anglais), notre article explique l’incidence des tendances mondiales sur le Canada et montre comment les dirigeants prennent des décisions avec assurance dans un contexte d’incertitude.

1. Des mouvements tectoniques dans le pouvoir, les centres économiques et le commerce

Le secteur minier canadien ressent les effets de l’évolution des relations commerciales avec les États-Unis et, bien que la plupart des métaux et des minéraux ne soient pas assujettis aux droits de douane en vigueur, les changements dans la dynamique du commerce transforment assurément l’industrie, pour le meilleur et pour le pire.

Du côté positif, les prix des métaux précieux ont monté en flèche en raison de l’incertitude économique et géopolitique mondiale. Les négociants qui travaillent en dollars américains ont bénéficié d’un meilleur taux de change et la demande de minéraux critiques a suscité un regain d’intérêt chez les investisseurs pour des actifs pourtant considérés comme marginaux auparavant. Les actionnaires ont également constaté une hausse des valeurs grâce à l’investissement accru du gouvernement canadien dans le secteur des minéraux critiques. En revanche, le rythme du changement et l’incertitude rendent difficile la prise de décisions stratégiques.

2. Un contexte fiscal et réglementaire fragmenté et complexe

Le budget fédéral de 2025 comprend plusieurs initiatives qui visent à encourager l’investissement dans les mines de métaux critiques au Canada. Pourtant, la demande de métaux critiques, communs et précieux augmente rapidement, ce qui fait que les gouvernements du monde entier se livrent maintenant à une concurrence pour séduire les investisseurs.

Le contexte fiscal et réglementaire évolue aussi constamment, et le risque lié à cette évolution pourrait être important dans le secteur minier canadien. Compte tenu des récentes flambées du prix des métaux précieux, les gouvernements pourraient décider de prélever de nouveaux impôts sur les bénéfices excédentaires des activités minières. Et il y a fort à parier que l’instauration de l’impôt minimum mondial de l’OCDE ajoutera un nouveau fardeau d’observation pour les multinationales minières du Canada.

Toutefois, les gouvernements fédéral et provinciaux travaillent d’arrache-pied à la création d’un environnement fiscal et réglementaire approprié pour attirer de nouveaux investissements dans le secteur. L’élargissement de l’admissibilité au crédit d’impôt pour l’exploration de minéraux critiques dans le budget fédéral de 2025 pourrait favoriser les activités d’exploration à l’échelle du pays. De plus, le crédit d’impôt à l’investissement pour la fabrication de technologies propres constitue un puissant incitatif à l’investissement en capital dans les mines de minéraux critiques canadiennes.

Le gouvernement fédéral s’est récemment engagé à mettre les gaz sur la réalisation de projets d’infrastructure par l’entremise du Bureau des grands projets, ce qui représente une étape prometteuse vers l’accélération de la construction de nouvelles mines, l’objectif étant de réduire les délais d’environ une décennie à un maximum de cinq ans. Bien que cette initiative vise à raccourcir les délais et à accélérer la production des activités minières essentielles, certains critiques soutiennent que le Canada devra prendre des mesures supplémentaires s’il veut demeurer concurrentiel dans le paysage minier mondial. Il devra adopter une approche équilibrée : idéalement, la rationalisation des approbations s’accompagnera de solides mesures de protection de l’environnement, de partenariats avec les Autochtones et d’une mission communautaire pour veiller à ce que l’accélération des délais ne compromette pas le développement durable ou l’acceptabilité sociale.

3. Un environnement technologique politisé et en évolution rapide

L’automatisation et l’IA sont des sujets importants pour les mines. Sur les sites, l’automatisation est intégrée en surface et sous celle-ci afin d’améliorer l’efficacité, d’accroître la sécurité, de stimuler la productivité et, dans bien des cas, d’améliorer l’attraction et la rétention des talents.

Lentement mais sûrement, l’IA est également intégrée aux opérations et à la stratégie minières. Nous constatons qu’elle sert à améliorer la conception, à accélérer le développement, à soutenir l’entretien prédictif et à réduire la complexité des services administratifs. Par contre, les progrès sont lents et de nombreux dirigeants craignent de rater des occasions.

Compte tenu du contexte géopolitique actuel, la cybersécurité pourrait représenter un risque plus important. Ainsi, l’intégration de machines et de processus existants à l’IA peut créer des vulnérabilités inattendues, tout comme les technologies d’exploitation décentralisées. L’astuce consistera à tirer parti de l’expérience du secteur en matière de gestion à distance des activités dispersées et décentralisées afin d’intégrer adéquatement les nouvelles technologies tout en maintenant les contrôles appropriés.

4. De nombreuses menaces pour les chaînes d’approvisionnement, les actifs et l’infrastructure

Dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante, de perturbations de la chaîne d’approvisionnement, de préoccupations en matière de sécurité et de protection des ressources, le risque de menaces pour la chaîne de valeur minière augmente. Le Canada s’efforce de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement tout en demeurant attrayant pour les investissements étrangers directs.

Ainsi, d’une part, alors que d’autres marchés font de la « délocalisation amicale » et de la « délocalisation à proximité », on encourage les minières canadiennes à acheter des produits du Canada, dans l’intention de créer des avantages économiques et de sécurité pour le secteur minier du pays.

D’autre part, le Canada cherche également à se positionner comme un associé mondial fiable dans le domaine des ressources. La primauté du droit, de la sécurité et de la stabilité politique du Canada sont de plus en plus attrayantes en période d’incertitude, en particulier lorsqu’il s’agit de ses minéraux critiques, comme le lithium, le nickel et l’uranium, qui sous-tendent la croissance future.

De plus, les changements géopolitiques dans les chaînes d’approvisionnement créent également de nouvelles tensions entre le temps, le coût, la résilience et la durabilité environnementale. Trouver l’équilibre entre ces priorités et maintenir la sécurité de l’approvisionnement sera difficile.

5. Des pressions démographiques, technologiques et culturelles sur la main-d’œuvre

Alors que la course aux talents fait rage dans le monde entier, de nombreuses organisations minières du Canada peinent à attirer et à retenir des talents clés. Néanmoins, les récents événements et tendances géopolitiques créent de nouvelles occasions qui pourraient aider à combler l’écart.

Par exemple, nombreux sont ceux qui croient que les récents changements apportés à la politique d’immigration des États-Unis pourraient renverser la vapeur en faveur du Canada. La technologie jouera également un rôle important, à la fois pour réduire les besoins en ressources et comme outil pour attirer de nouveaux diplômés.

Le contexte géopolitique actuel ne représente pas un nouveau risque pour les dirigeants du secteur minier canadien, mais certains signes indiquent qu’il ajoute de nouvelles pressions à la mobilité, à l’attraction et à la fidélisation des talents. Il sera essentiel de garder ce risque en tête de liste pour assurer la réussite à long terme.

Le contexte géopolitique de plus en plus complexe oblige les entreprises à réévaluer le risque géopolitique

Les mines considèrent depuis longtemps la géopolitique comme une priorité, mais le contexte actuel exige un pas de recul. En effet, toutes les parties prenantes de l’écosystème minier canadien, en particulier les dirigeants, devraient élargir leur évaluation afin de réétudier le risque géopolitique, ce qu’il signifie pour leur organisation et la façon dont elles traiteront les risques futurs pour obtenir des résultats durables à long terme.

Chez KPMG au Canada, nous comprenons le rôle crucial que joue le secteur minier pour façonner notre avenir et nous croyons qu’il est bien placé pour avoir une incidence majeure. Nous sommes là pour vous aider à relever ces défis et à travailler ensemble à un avenir durable et responsable.

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