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      L’étude propose dix constats et axes de réflexion pour aider les dirigeants à entrer dans le commerce agentique sans céder ni à l’emballement technologique ni à l’attentisme.

      L’e-commerce entre dans une nouvelle phase. Après avoir transformé la recherche, la recommandation et le service client, l’intelligence artificielle commence à intervenir plus directement dans les parcours d’achat.

      Les agents IA peuvent déjà interpréter une intention, comparer des offres, filtrer des produits ou préparer une commande. Demain, certains pourront également déclencher des actions sous mandat, orchestrer un paiement ou gérer une partie de la relation après-vente.

      Cette évolution ne remet pas seulement en question les interfaces digitales. Elle modifie l’endroit où se construit la décision d’achat, les conditions de visibilité des marchands et le partage de la valeur entre marques, plateformes, prestataires de paiement et nouveaux intermédiaires technologiques.

      À travers l’étude « L’e-commerce à l’ère du commerce agentique », réalisé en collaboration avec la FEVAD, cette synthèse analyse les transformations en cours et les décisions que les acteurs du commerce doivent désormais anticiper.

      L'essentiel

      L’e-commerce français poursuit sa croissance, mais la prochaine rupture pourrait se jouer bien avant l’arrivée du consommateur sur le site marchand.

      Dans un parcours agentique, le client ne navigue plus nécessairement parmi des dizaines de références. Il exprime un besoin, un budget ou des contraintes en langage naturel. L’agent interprète alors cette intention, compare les options disponibles et ne présente qu’une sélection réduite d’offres.

      Pour les e-commerçants, la compétition se déplace. Il ne suffit plus d’apparaître dans les résultats d’un moteur de recherche ou d’optimiser le taux de conversion d’un site. Il faut également être compris, comparé et recommandé par les systèmes qui interviennent en amont de la décision.

      Cette évolution soulève plusieurs questions stratégiques :

      • Qui contrôlera l’intention d’achat et la relation avec le client ?

      • Comment rendre une offre lisible et activable par les agents ?

      • Jusqu’où déléguer la préparation ou l’exécution d’un achat

      • Comment préserver la confiance, la transparence et la maîtrise des données

      • Quels actifs technologiques et commerciaux doivent rester sous le contrôle du marchand ?

      L’étude propose dix constats et axes de réflexion pour aider les dirigeants à entrer dans le commerce agentique sans céder ni à l’emballement technologique ni à l’attentisme. Pour en savoir plus, découvrez notre étude dès maintenant.

      Le commerce agentique : une nouvelle couche d’intermédiation

      Qu'est-ce que le commerce agentique ?

      Le commerce agentique désigne l’intervention d’agents IA capables d’accompagner un consommateur dans différentes étapes de son parcours d’achat.

      Selon leur niveau d’autonomie, ces agents peuvent :

      • assister le client en recherchant, résumant et comparant des informations

      • préparer une action en configurant un panier ou en arbitrant entre plusieurs offres

      • exécuter certaines opérations sous mandat, comme une réservation, une commande ou un réassort

      Une IA qui résume des avis clients ne soulève pas les mêmes enjeux qu’un agent pouvant transmettre des données personnelles, déclencher un paiement ou agir au nom d’un utilisateur. Cette gradation est déterminante.

      Plus le niveau de délégation augmente, plus les bénéfices potentiels progressent : gain de temps, fluidité du parcours, personnalisation. A contrario les questions de responsabilité, de consentement, de sécurité et de contrôle deviennent alors plus sensibles.

      Chiffres clés

      Le commerce agentique s’inscrit dans un marché français déjà mature et profondément ancré dans les usages :

      • 196,4 milliards d’euros

        de chiffre d’affaires e-commerce en France en 2025

      • 3,2 milliards

        de transactions réalisées en ligne

      • 31 % des cyberacheteurs

        utilisent déjà l’IA générative dans leurs achats en ligne

      • 73 % des utilisateurs réguliers de l’IA

        y ont recours au cours de leur parcours d’achat

      Ces chiffres montrent que l’enjeu n’est plus seulement prospectif. Les usages commencent à évoluer, alors même que les modèles économiques, les standards technologiques et les règles de responsabilité restent encore en construction.

      De la bataille du trafic à celle de l’intention

      Pendant plusieurs décennies, l’e-commerce s’est structuré autour d’un objectif central : attirer le consommateur sur un site, lui présenter une offre et optimiser sa conversion.

      Le commerce agentique déplace progressivement ce centre de gravité.

      La décision peut désormais se former au sein d’une interface conversationnelle, avant tout clic vers le marchand. L’agent interprète le besoin, filtre les résultats et peut réduire fortement le nombre d’options visibles.

      La valeur se déplace ainsi vers les acteurs capables de contrôler quatre zones clés :

      • l’intention (le besoin est formulé)

      • la navigation (les offres sont comparées)

      • la transaction (l’identité et le paiement sont orchestrés)

      • la relation (où se jouent le service, la fidélité et les données client)

      Le site marchand ne disparaît pas, mais il pourrait perdre son monopole sur la découverte, la comparaison et une partie de la conversion. La question stratégique devient alors moins « comment générer davantage de trafic ? » que « Comment rester visible, recommandable et maître de la relation dans un parcours piloté par d’autres ? ».

      Être visible ne suffira plus : il faudra être compris

      L’essor de l’AI Search et du GEO (Generative Engine Optimization) constitue l’une des premières manifestations concrètes de cette transformation.

      Dans les moteurs de recherche traditionnels, les marques cherchaient à apparaître en bonne position dans une liste de résultats. Dans les interfaces génératives, elles doivent désormais être comprises, citées et intégrées à une réponse synthétique.

      La qualité des données devient déterminante :

      • précision et fraîcheur des fiches produits

      • structuration des catalogues

      • disponibilité et cohérence des prix et des stocks

      • richesse des contenus d’aide à la décision

      • visibilité des avis, garanties, politiques de retour et preuves de conformité

      Les agents ne comparent pas uniquement des produits. Ils peuvent également confronter les conditions de livraison, le service après-vente, les avis clients ou la fiabilité perçue des marchands.

      La visibilité agentique reposera autant sur la qualité de l’offre que sur la capacité à rendre ses preuves de valeur lisibles par les machines.

      La confiance, condition de l’adoption

      Les consommateurs semblent déjà disposés à utiliser l’IA pour rechercher des informations, comparer des options ou préparer un achat. Leur confiance diminue cependant lorsque l’agent s’approche du paiement, de l’identité ou des données sensibles.

      Cette asymétrie dessine une trajectoire d’adoption progressive.

      Les premiers cas d’usage susceptibles de se développer à grande échelle concernent notamment :

      • la recherche et la comparaison

      • la pédagogie produit

      • la préparation de panier

      • le support client

      • le suivi de commande

      • le réassort encadré

      À l’inverse, les achats engageants, émotionnels ou difficilement réversibles devraient conserver plus longtemps une validation humaine explicite.

      Les parcours les plus performants ne seront donc pas nécessairement ceux où l’agent agit sans intervention. Ils seront ceux où le client comprend ce que fait l’IA, peut modifier ses préférences, fixer des limites, annuler une action et reprendre la main à tout moment.

      Le paiement agentique, frontière sensible du modèle

      Le commerce agentique change de nature lorsqu’un agent ne se contente plus de conseiller, mais intervient dans la transaction.

      Le paiement concentre alors plusieurs exigences : définition du mandat, authentification, consentement, plafonds, traçabilité, gestion des erreurs et mécanismes de recours.

      Pour les marchands, les banques, les wallets et les prestataires de paiement, l’enjeu dépasse la simple évolution du checkout. Il s’agit de construire une chaîne de délégation dans laquelle chaque acteur connaît précisément ses droits, ses obligations et son niveau de responsabilité.

      À mesure que les agents capteront davantage l’intention, orienteront la décision et conduiront potentiellement la transaction, ils pourront également chercher à capter une part de la valeur générée.

      Le paiement deviendra ainsi à la fois un enjeu de confiance, de gouvernance et de partage économique.

      Construire une infrastructure “agent-ready”

      Être prêt pour le commerce agentique ne consiste pas à ajouter un chatbot sur un site.

      Il s’agit de rendre le commerce à la fois :

      • lisible, grâce à des données produits fiables et structurées

      • activable, au moyen d’APIs permettant d’interagir avec le catalogue, le panier, le stock, la livraison ou le service après-vente

      • gouvernable, grâce à des règles de mandat, des droits d’action, des mécanismes de supervision et une traçabilité complète.

      Les protocoles et standards actuellement en développement pourraient devenir de nouveaux points de passage entre les agents et les marchands. Attendre qu’un standard unique s’impose comporte toutefois un risque de dépendance.

      L’Europe peut faire de la confiance un avantage concurrentiel

      Le commerce agentique se développe selon des modèles différents selon les marchés.

      Les États-Unis avancent principalement par les plateformes, les protocoles et les infrastructures de paiement. La Chine s’appuie sur des écosystèmes intégrés associant messagerie, recommandation, transaction et service. L’Europe se distingue par un cadre plus exigeant en matière de transparence, de données et de responsabilité.

      Ces contraintes peuvent ralentir certains déploiements, mais elles peuvent également favoriser des parcours plus explicites, plus réversibles et plus fiables.

      La conformité ne constitue donc pas un sujet périphérique. Elle doit être intégrée à la conception même de l’expérience : identification claire de l’agent, compréhension du mandat, consentement lisible, contrôle des données et recours simple en cas d’erreur.

      Ce que les dirigeants doivent décider maintenant

      Le commerce agentique ne justifie pas nécessairement le lancement immédiat d’un programme de transformation généralisé.

      Il impose en revanche de prendre dès maintenant plusieurs décisions structurantes :

      • cartographier les étapes du parcours susceptibles d’être intermédiées par des agents

      • mesurer la visibilité réelle de la marque dans les moteurs génératifs

      • sélectionner quelques cas d’usage à valeur mesurable

      • protéger les actifs critiques, notamment les données produit, les APIs, le CRM et les règles de prix

      • déterminer ce qui peut être délégué à un agent tiers et ce qui doit rester propriétaire

      • définir les règles de mandat, de sécurité et de reprise en main humaine

      • industrialiser uniquement les usages qui améliorent concrètement le revenu, la marge, la productivité, la satisfaction ou la maîtrise du risque

      L’objectif n’est pas d’automatiser le plus vite possible. Il est de préserver suffisamment de contrôle sur l’offre, la donnée et la relation pour ne pas devenir un simple fournisseur d’exécution dans un parcours conçu par d’autres.

      Contact :

      François-Xavier Leroux

      Associé, Digital Customer

      KPMG en France

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