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      L'essentiel

      La transition énergétique mondiale se poursuit, mais elle devient plus fragmentée, plus régionale et plus dépendante des réalités économiques et géopolitiques.

      La sécurité d’approvisionnement, la maîtrise des prix et la compétitivité industrielle occupent désormais une place centrale dans les choix énergétiques. Selon les marchés, cette évolution peut accélérer les investissements dans les énergies renouvelables et l’électrification, ou prolonger le recours au gaz, au pétrole et au charbon.

      Pour les entreprises, l’enjeu consiste à articuler résilience énergétique, compétitivité et décarbonation, en adaptant leur stratégie aux spécificités de chaque région.

      Consultez notre étude Statistical Review of World Energy 2026 et découvrez les 9 tendances qui redessinent les équilibres énergétiques mondiaux.

      Chiffres-clés

      • Une demande énergétique toujours en hausse :

        • Énergie : +1,7 % de demande mondiale supplémentaire, pour atteindre près de 600 exajoules.

        • Électricité : +3 %, une progression presque deux fois plus rapide que la demande énergétique totale.

        • Gaz : une consommation mondiale record de 150,7 exajoules.

        • Charbon : représente près de 28 % du mix énergétique mondial.

      • Le solaire et le stockage changent d’échelle

        • Solaire : +30,1 % de production d’énergie solaire en 2025.

        • Stockage par batterie : +65,8 % de capacités supplémentaires installées.

      • Les émissions continuent de progresser

        • Émissions : +1,1 % d’émissions mondiales générées par le secteur de l'énergie.

        • Intensité énergétique : une amélioration de 2 %, encore insuffisante pour atteindre l’objectif annuel de 4 % fixé lors de la COP28.

      Principaux constats sur l’énergie mondiale en 2026

      Une transition énergétique de plus en plus fragmentée


      Les systèmes énergétiques mondiaux ne convergent plus vers un modèle unique. Chaque pays cherche un nouvel équilibre entre les trois dimensions du trilemme énergétique : sécurité d’approvisionnement, accessibilité des prix et durabilité.

      L’Union européenne et le Royaume-Uni accélèrent leurs investissements dans les énergies renouvelables, les réseaux et l’électrification. Les États-Unis et le Canada accordent eux davantage de place à la croissance de la production énergétique. La Chine et le Brésil privilégient une approche diversifiée, associant développement des renouvelables, ressources nationales et constitution de stocks.

      L’électricité, principal moteur de la croissance énergétique


      La demande électrique progresse plus rapidement que la demande énergétique totale.

      Cette évolution est alimentée par l’industrialisation, l’électrification des transports, le développement de la climatisation, mais aussi par de nouveaux usages tels que l’intelligence artificielle, les centres de données et l’industrie de pointe.

      La Chine occupe une place centrale dans cette dynamique. En 2025, la hausse de sa production électrique, soit 488,4 TWh, a dépassé à elle seule la progression cumulée du reste du monde. Le pays représente désormais environ un tiers de la production mondiale d’électricité.

      Cette croissance se heurte cependant aux capacités limitées des réseaux électriques. Les délais de raccordement, les procédures d’autorisation et les points de blocage sur les infrastructures ralentissent le déploiement de nouvelles capacités de production.

      Le solaire et le stockage deviennent des technologies structurantes


      Le solaire s’est imposé comme la source d’énergie qui connaît la plus forte progression en 2025.

      Sa production mondiale a augmenté de plus de 30 % et a représenté 75,3 % de la hausse totale de la demande d’électricité. La baisse des coûts, la modularité des installations et la rapidité de déploiement favorisent son adoption à grande échelle.

      Le stockage par batteries suit une trajectoire comparable. Sa progression de 65,8 % en 2025 confirme son rôle croissant dans l’équilibrage des réseaux, l’intégration des énergies renouvelables et la gestion des pics de consommation.

      À l’inverse, l’hydrogène bas carbone et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone restent confrontés à des coûts élevés, à des chaînes de valeur complexes et à des modèles économiques encore incertains.

      Le gaz, un pilier de la sécurité énergétique mondiale


      La consommation mondiale de gaz a atteint un niveau record en 2025.

      Le développement du gaz naturel liquéfié, ou GNL, a transformé un marché historiquement régional en un marché mondial plus flexible. Les États-Unis représentent désormais plus de 25 % des volumes de GNL échangés dans le monde.

      Cette évolution offre davantage de possibilités de diversification, mais crée aussi de nouvelles dépendances. Lorsque les prix augmentent, les économies les plus sensibles aux coûts peuvent réduire leurs importations de GNL et se tourner vers des combustibles moins coûteux, notamment le charbon.

      Le charbon conserve un rôle de solution de repli


      Malgré le développement des énergies renouvelables, la demande mondiale de charbon reste presque stable, à un niveau élevé.

      Sa disponibilité, son coût et son caractère pilotable en font encore un levier de sécurité d’approvisionnement dans plusieurs régions, en particulier en Asie-Pacifique.

      Son rôle évolue néanmoins : il apparaît moins comme une énergie en croissance que comme une solution de repli stratégique, mobilisée lorsque les prix du gaz augmentent ou que la sécurité des approvisionnements est menacée.

      Les minéraux critiques, nouvelle vulnérabilité stratégique


      Le lithium, le cobalt, le nickel, le graphite, le cuivre et les terres rares sont indispensables aux batteries, aux réseaux électriques, aux équipements renouvelables et à l’industrie de pointe.

      Leur production et leur transformation restent fortement concentrées dans un nombre limité de pays. En 2025, la Chine représentait 69,7 % de la production mondiale de terres rares et 74,6 % de celle de graphite naturel.

      Elle occupe également une position dominante dans le raffinage et la transformation. La résilience des chaînes d’approvisionnement dépend donc autant des capacités industrielles de traitement que de la disponibilité des ressources minières.

      Le charbon conserve un rôle de solution de repli


      Malgré le développement des énergies renouvelables, la demande mondiale de charbon reste presque stable, à un niveau élevé.

      Sa disponibilité, son coût et son caractère pilotable en font encore un levier de sécurité d’approvisionnement dans plusieurs régions, en particulier en Asie-Pacifique.

      Son rôle évolue néanmoins : il apparaît moins comme une énergie en croissance que comme une solution de repli stratégique, mobilisée lorsque les prix du gaz augmentent ou que la sécurité des approvisionnements est menacée.

      Des émissions toujours orientées à la hausse


      Malgré l’accélération du solaire, de l’éolien et du stockage, les émissions mondiales liées à l’énergie ont augmenté de 1,1 % en 2025.

      Les trajectoires divergent fortement selon les régions, en fonction du mix énergétique, du rythme d’électrification et du recours aux combustibles fossiles.

      Les progrès en matière d’efficacité énergétique restent également insuffisants. L’intensité énergétique mondiale s’est améliorée de 2 % en 2025, alors que l’objectif fixé lors de la COP28 suppose un rythme annuel de 4 % jusqu’en 2030.

      Quelles sont les conséquences pour les entreprises ?

      Notre étude identifie cinq priorités pour renforcer la résilience énergétique des organisations :

      • Adapter la stratégie à chaque région, plutôt que d’appliquer une approche énergétique mondiale uniforme.

      • Faire de la résilience une priorité financière, en comparant le coût de la diversification à celui d’une interruption d’activité.

      • Cartographier l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, au-delà des fournisseurs de premier rang.

      • Investir dans les technologies disposant d’une dynamique commerciale réelle, notamment le solaire et le stockage.

      • Construire un plan de transition crédible et réalisable, alignant les ambitions climatiques, les capacités opérationnelles et les investissements.

      KPMG accompagne les organisations dans l’analyse de leurs risques énergétiques, la sécurisation de leurs chaînes d’approvisionnement et la construction de plans de transition conciliant résilience, compétitivité et décarbonation.

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