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      L'essentiel

      L’intelligence artificielle n’est plus un sujet émergent pour la fonction Finance. En deux ans, la part des organisations utilisant l'IA sur au moins une partie de leur processus de production de l'information financière est passée de 30 % à 75 %. Alors que l’IA s’impose progressivement, les écarts de performance se jouent de moins en moins sur la technologie elle-même et davantage sur les conditions dans lesquelles les organisations la déploient, tout en conservant la capacité à comprendre et challenger les résultats produits. La question n’est donc plus de savoir si elle sera utilisée, mais comment l’intégrer durablement dans l’organisation et développer les compétences permettant d’en tirer pleinement parti.

      L’un des enseignements les plus contre-intuitifs de l’étude concerne justement la création de valeur : les gains les plus significatifs se concentrent moins sur l’automatisation et le traitement automatisé des tâches récurrentes que sur les activités où l’analyse et le jugement sont déterminants : planification, prévision, gestion des risques ou encore aide à la décision. Autrement dit, l’avantage ne se mesure plus seulement au temps gagné, mais à la capacité d’améliorer la précision des analyses et la prise de décision.

      Menée auprès de plus de 1 000 entreprises dans 20 pays, la nouvelle étude KPMG décrypte cette nouvelle étape de transformation de la fonction Finance et les conditions nécessaires pour passer de l’adoption à la création de valeur et mettre l’IA au service de la performance financière.

      L’IA dans la fonction Finance change de dimension

      75 %

      des organisations intègrent progressivement l’IA dans la production de l’information financière, contre 30 % en 2024.

      28 %

      repensent l’organisation de la fonction Finance et les compétences clés attendues à l’ère de l’IA.

      42 %

      disposent d’une IA auditable au sein de leurs processus financiers.


      Derrière ces chiffres, un changement de cap se dessine : après l’adoption, les directions financières entrent dans une nouvelle étape, celle du passage à l’échelle et de la création de valeur.

      De l’efficacité à la décision : le nouveau rôle de l’IA

      L’IA a d’abord permis d’automatiser les tâches répétitives, d’accélérer les traitements et de fiabiliser les processus financiers. Ces premiers bénéfices sont désormais largement identifiés et intégrés par les directions financières. Mais ils ne résument plus le potentiel de l’IA.

      Les impacts les plus significatifs apparaissent dans les activités qui font appel au jugement. La valeur de l’IA réside dans sa dans sa capacité à enrichir les analyses, à éclairer les choix et à améliorer la prise de décision. La création de valeur se déplace ainsi progressivement vers un enjeu plus stratégique : donner aux équipes finance davantage de moyens pour éclairer les choix de l’entreprise. Le temps libéré par l’automatisation peut ainsi être réalloué à l’analyse, aux arbitrages, au pilotage financier et à la stratégie.

      Pour concrétiser cette promesse, encore faut-il toutefois réussir à dépasser les expérimentations. 

      Du cas d’usage à la transformation : le vrai défi commence maintenant

      Un pilote réussi ne suffit plus. Le défi consiste désormais à passer de l’expérimentation à l’industrialisation. Pour créer durablement de la valeur, les organisations doivent être capables de généraliser les usages qui ont fait leurs preuves.

      Le passage à l’échelle repose moins sur la technologie elle-même que sur trois conditions essentielles :

      • des données exploitables ;

      • une gouvernance adaptée ;

      • des équipes capables d’interpréter et de challenger les résultats produits par l’IA.

      Cette approche suppose également de repenser les processus finance de bout en bout, plutôt que d’ajouter l’IA à des modes de fonctionnement existants.

      L’IA agentique constitue un catalyseur de cette évolution. En coordonnant plusieurs tâches au sein d’un même processus, elle permet de dépasser les cas d’usage isolés et d’envisager des processus finance orchestrés de bout en bout. 45 % des organisations prévoient ainsi de déployer des mécanismes d’orchestration agentique ou des architectures multi-agents dans les 18 prochains mois.

      L’innovation crée l’opportunité. Le passage à l’échelle crée la valeur.
      Xavier Niffle

      Associé Innovation – Audit

      KPMG en France

      Plus l’IA progresse, plus le jugement humain prend de la valeur

      Passer à l’échelle et donner davantage d’autonomie à l’IA ne signifie pas que l’humain s’efface. Son rôle évolue et son jugement devient, au contraire, encore plus déterminant.

      Savoir apprécier la fiabilité d’un résultat, comprendre ses limites, le challenger, devient une compétence clé pour les équipes finance.

      C’est le passage du « Human in the Loop » au « Human in the Driver’s Seat » : l’IA enrichit l’analyse, mais la responsabilité de la décision reste humaine.

      Et si la confiance devenait le véritable accélérateur de l’IA ?

      À mesure que l’IA s’intègre dans les processus financiers, la capacité à comprendre, expliquer et auditer ses résultats devient déterminante. Dans un environnement de plus en plus complexe, la fiabilité, la sécurité et la maîtrise des modèles deviennent des conditions essentielles de leur performance.

      Le syndrome de la « boîte noire » reste ainsi un frein majeur au passage à l’échelle : difficile de généraliser des usages lorsque leur fonctionnement ou leurs limites sont mal compris. Dans ce contexte, l’auditabilité de l’IA devient un véritable marqueur de maturité.

      Gouvernance, contrôles, traçabilité, explicabilité et supervision humaine ne sont donc pas seulement des sujets de sécurisation. Ils créent les conditions nécessaires pour développer les usages avec confiance, mieux maîtriser les risques associés aux investissements dans l’IA et accélérer leur déploiement à l’échelle.

      Dans ce contexte, les directions financières ont besoin de partenaires de confiance capables de les accompagner dans le déploiement, la sécurisation et l'auditabilité de leurs usages de l'IA, afin d'en démontrer la fiabilité auprès de l'ensemble de leurs parties prenantes.

      Méthodologie

      Cette étude s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 1 000 entreprises dans 20 pays. Elle analyse les usages de l’IA dans la fonction Finance, de la création de valeur au passage à l’échelle, en passant par les données et les compétences, puis la gouvernance et l'auditabilité nécessaires pour sécuriser la performance.


      Contact :

      Xavier Niffle

      Associé Audit, secteur des Technologies, membre du CoDir Audit en charge du Digital Audit et de l’Innovation

      KPMG en France

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