Les entreprises canadiennes qui ont été victimes de fraude sont profondément préoccupées par un nouveau type d'escroquerie : La fraude ESG, selon une nouvelle étude de KPMG au Canada.
Le mois dernier, KPMG a interrogé 300 organisations canadiennes victimes de fraude pour en savoir plus sur les types d'escroqueries dont elles ont été victimes. Le sondage révèle que 24 % des répondants qui ont été victimes de fraude au cours des cinq dernières années ont découvert des cas de fraude ESG, et certains y sont encore confrontés. La fraude ESG se produit lorsque les efforts ou les données d'une entreprise en matière d'environnement, de société et de gouvernance sont exagérés, embellis ou déformés.
Alors que la pression monte sur les organisations pour qu'elles atteignent des objectifs ambitieux en matière de développement durable, près de 9 répondants sur 10 (89 %) ont déclaré qu'elles font l'objet d'un examen minutieux de la part de leurs intervenants pour démontrer des progrès tangibles dans l'atteinte des objectifs ESG. De plus, 86 % craignent que les pressions augmentent le risque de fraude liée aux facteurs ESG au sein de leur organisation, et 81 % craignent que leur organisation commette par inadvertance une fraude ESG.
« Le fait que les parties prenantes exigent la responsabilisation à l'égard du rendement des facteurs ESG est un élément positif pour favoriser le changement, mais malheureusement, il peut motiver - et il motive déjà -- « certaines personnes ou équipes au sein d'une organisation à déformer ou à exagérer leurs indicateurs de durabilité et leurs indicateurs financiers dans l'intérêt de l'entreprise ou de la personne, affirme Becky Seidler, associée au sein du groupe Juricomptabilité et de services-conseils en règlement de différends de KPMG au Canada.
Les conséquences de la fraude ESG peuvent être importantes, y compris un préjudice financier et un tort à la réputation, et très probablement la perte du permis social d'exploitation si la confiance des parties prenantes est ébranlée », ajoute-t-elle.
Mme Seidler affirme que les résultats du sondage soulignent la nécessité pour les organisations de mettre en œuvre des contrôles rigoureux qui traitent adéquatement de la fraude ESG. Ce type de fraude peut prendre de nombreuses formes, comme la falsification des compensations carbone dans les rapports ESG, l'écoblanchiment et d'autres types de « blanchiment » de données, l'utilisation abusive des fonds de subventions ESG, la violation des règlements ESG et la corruption, par exemple.
« La fraude ESG est un risque nouveau et émergent pour de nombreuses organisations. C'est pourquoi il est essentiel pour les entreprises d'intégrer tôt et de façon proactive des mécanismes de protection contre la fraude dans leurs stratégies ESG, plutôt que de réagir après coup », dit-elle.